Le patron de la PJ parisienne mis en examen

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* Bernard Petit a été aussitôt suspendu par le ministre de l'Intérieur * Le prédécesseur du patron de la PJ avait été limogé * Trois scandales ont éclaboussé la PJ en moins d'un an (Actualisé avec mises en examen) PARIS, 6 février (Reuters) - Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, a été mis en examen jeudi soir pour violation du secret de l'instruction et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer ses fonctions, a-t-on appris auprès du parquet. Il lui est également reproché des faits de "révélation d'informations sur une instruction dans le but d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité'. Son directeur de cabinet, Richard Atlan, a également été mis en examen. Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, "prend acte" de la mise en examen du patron du 36 Quai des Orfèvres et annonce sa suspension avec effet immédiat. "Le respect des principes déontologiques ne doit souffrir aucun manquement", poursuit Bernard Cazeneuve, qui "réaffirme sa détermination à sanctionner tous les comportements individuels qui sont de nature à jeter l'opprobre sur la police nationale et sur sa loyauté à l'égard de l'autorité judiciaire". Bernard Petit est soupçonné d'avoir transmis au fondateur du GIGN Christian Prouteau des informations sur l'enquête dont il est l'objet dans le cadre d'un dossier de trafic d'influence visant un homme déjà mêlé à plusieurs affaires d'escroquerie aux Etats-Unis et en France, Christophe Rocancourt Cette affaire est la troisième à éclabousser la célèbre PJ parisienne en moins d'un an après le viol présumé d'une touriste canadienne dans les locaux de la brigade de recherche et d'intervention en avril, puis le vol de 52 kg de cocaïne dans les scellés trois mois plus tard. En 2013, une autre affaire avait déjà ébranlé le "36" quand Christian Flaesch, le prédécesseur de Bernard Petit, avait été démis de ses fonctions pour avoir téléphoné à l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux pour lui annoncer qu'il devait être convoqué à titre de témoin dans une affaire liée à Nicolas Sarkozy. Dans la dernière affaire en date, Christophe Rocancourt est accusé d'avoir extorqué plusieurs milliers d'euros à deux soeurs marocaines menacées d'expulsion contre la promesse d'obtenir leur régularisation. Les deux femmes, ne voyant rien venir, ont porté plainte. Selon une source proche de l'enquête, l'escroc présumé, mis en examen le 9 octobre dernier, a dit avoir approché Christian Prouteau et l'ancien secrétaire d'Etat socialiste aux Affaires sociales et à l'Intégration (1991-1993) Kofi Yamgnane. Le premier, a-t-il déclaré aux enquêteurs, devait intervenir auprès du préfet de police et le second auprès du ministre de l'Intérieur. Tous deux ont aussi été mis en examen. Les liens entre Christian Prouteau et le patron de la PJ ont été mis en évidence par des écoutes téléphoniques, indique Le Monde daté de vendredi. (Jean-Baptiste Vey et Gérard Bon; édité par Henri-Pierre André)

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