Le patrimoine se met au vert

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La forêt séduit toujours les investisseurs, autant pour le plaisir de la chasse que pour ses avantages fiscaux.

Depuis 1997, le prix de la forêt française (corrigé de l'inflation) a bondi de 46 %. Entre 2009 et 2011, il s'est même envolé de 19,5%. De quoi faire rêver les investisseurs. Mais l'an dernier, la tendance s'est inversée. Si les petites forêts, de 1 à 10 hectares, souvent achetées par les particuliers pour la chasse, l'agrément ou le bois de chauffage, ont vu encore leurs prix progresser de 10%, les superficies plus importantes ont marqué le pas. Au total, le prix moyen des forêts en France a reculé de 1,5% (3930 euros l'hectare, selon l'indicateur de la Société forestière et des Safer).

«Mais sur les grandes forêts de plus de 100 hectares avec une valeur patrimoniale, la demande des investisseurs est très forte, et les prix progressent toujours», note Gilles Seigle, PDG de la Société forestière qui gère les forêts d'institutionnels ou de particuliers. «La baisse de 2012 est surtout liée au recul des prix dans le sud de la France, où les investisseurs sont peu présents», ajoute Michel de Warren, directeur des investissements et de la gestion privée de la Société forestière.

Si l'évolution des prix est suivie avec tant d'attention, c'est que la rentabilité du placement forestier réside pour l'essentiel dans la plus-value. «Le rendement est faible, entre 1,5 et 2 % par an grâce aux coupes de bois, aux loyers de la chasse, etc.», explique Benoît Léchenault, responsable d'AgriFrance, département spécialisé en foncier rural de BNP Paribas Wealth Management. Mais l'imposition est modérée «car le revenu foncier pris en compte est un revenu cadastral forfaitaire de l'ordre de 50 euros par an et par hectare», ajoute-t-il.

Fiscalement attrayant

Les plus-values réalisées lors de la revente d'une forêt relèvent de la fiscalité de plus en plus lourde des plus-values immobilières. Mais pour la grande majorité des acquéreurs, âgés de plus de 60 ans, la forêt est un placement fiscalement attrayant. «Beaucoup investissent pour transmettre à leurs proches. Au moment de calculer les droits de donation ou de succession, les forêts profitent en effet d'un abattement de 75 %. L'impôt ne frappe que 25 % de leur valeur», observe Benoît Léchenault. De même, les forêts entrent dans l'assiette de l'ISF pour 25 % de leur prix.Mieux, les nouveaux groupements forestiers, qui rassemblent des investisseurs prêts à acheter des parts pour devenir collectivement propriétaires d'une forêt, ouvrent droit à une réduction sur le montant de l'ISF à régler dans l'année. «Elle est de 50 % de l'investissement, pris en compte à hauteur de 90.000 euros au maximum, soit 45.000 euros de réduction d'impôt», rappelle Christine Chiozza-Vauterin, responsable de l'offre immobilière chez Banque privée 1818. Cet établissement, comme d'autres, commercialise les groupements forestiers conçus et gérés par la Société forestière. «Un placement accessible à partir de 100.000 euros», précise-t-elle. «Comme seuls 90.000 euros profitent de la réduction d'ISF, les 10.000 euros restants donnent droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 18 %, dans certaines limites», ajoute-t-elle.

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