Le partisan de l'EI tué au Canada s'apprêtait à commettre un attentat

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    par Robert MacMillan 
    STRATHROY, Ontario, 12 août (Reuters) - Aaron Driver, le 
Canadien de 24 ans mort mercredi après un échange de coups de 
feu avec la police, avait fait allégeance à l'organisation Etat 
islamique (EI) et était sur le point de commettre un attentat à 
la bombe, ont annoncé jeudi les autorités. 
    Les services canadiens ont été alertés par le FBI américain, 
qui avait repéré une "vidéo martyr" dans laquelle l'homme 
revendiquait une attaque, a précisé la gendarmerie royale du 
Canada (GRC). 
    "L'individu en était aux dernières étapes de sa 
planification pour perpétrer un attentat à l'engin explosif 
artisanal avec lequel il comptait frapper dans les 72 heures 
suivantes un centre urbain en pleine heure de pointe du matin ou 
de l'après-midi", a précisé la GRC dans un communiqué. 
    Driver, qui s'était converti à l'islam dans son adolescence, 
vivait chez sa soeur à Strathroy, une petite ville de l'Ontario 
de 20.000 habitants située à 225 km au sud-ouest de Toronto.  
    A l'arrivée de membres du Groupe tactique d'intervention, il 
est monté dans un taxi. Il est mort après avoir fait exploser un 
engin explosif alors que les policiers avaient ouvert le feu. Le 
chauffeur de taxi a été légèrement blessé. 
    "C'était une course contre la montre", a dit Mike Cabana, 
commissaire adjoint de la police fédérale. 
    Aaron Driver était connu des services de police et du 
renseignement intérieur.  
    Arrêté en juin 2015 pour être entré en communication avec 
des membres de l'Etat islamique au Texas et en Australie, il 
avait été relâché quelques jours plus tard en liberté 
conditionnelle avec port d'un bracelet électronique. 
    Le placement sous surveillance électronique avait été levé 
en février dernier. Il était soumis depuis à un "engagement à ne 
pas troubler l'ordre public en lien avec du terrorisme", ont 
précisé les autorités avec interdiction notamment d'utiliser les 
réseaux sociaux ou d'entrer en contact avec l'EI ou tout groupe 
similaire. 
     
    REVENDICATION DE L'ÉTAT ISLAMIQUE 
    "Si un pays entre en guerre contre un autre pays, un autre 
peuple ou une autre communauté, je pense qu'il doit se préparer 
à ce que des choses comme cela arrivent", avait-il dit l'an 
dernier à Radio Canada. "Et lorsque cela arrive, il ne faut pas 
être surpris, cela devait arriver, il le mérite", ajoutait-il.  
    Dans la vidéo transmise aux Canadiens par le FBI, l'homme 
cite des passages du Coran et menace de frapper le Canada pour 
le punir de sa participation à la coalition contre l'Etat 
islamique. 
    Dans un communiqué repéré par l'organisation SITE, l'agence 
Amaq, organe de presse de l'Etat islamique, confirme qu'il était 
un "soldat du califat" et revendique une "attaque visant la 
police au Canada en réponse aux appels visant à cibler les pays 
de la coalition", la formule désormais consacrée qu'utilise le 
groupe djihadiste pour s'attribuer la responsabilité d'attaques. 
    La police canadienne a dit ne disposer d'aucun élément 
démontrant qu'il avait d'éventuels complices. 
    Elle a précise que Driver n'était pas sous surveillance 
constante, mais qu'il était supervisé. 
    "Je n'avais pas réalisé qu'il était à ce point radicalisé", 
a déclaré son père, Wayne Driver, à Radio Canada. "Je savais 
qu'il était en colère contre le monde entier depuis la mort de 
sa mère, mais je n'avais pas réalisé qu'il avait retourné cette 
haine contre le monde", a-t-il poursuivi. 
    En octobre 2014, le Canada a été le théâtre de deux attaques 
visant des soldats à Ottawa et au Québec. Elles avaient été 
attribuées par la police à des militants extrémistes "de 
l'intérieur". 
 
 (avec Ethan Lou à Toronto et Andrea Hopkins à Ottawa; 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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