Le Parti socialiste trouve un compromis sur l'Europe

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LE PARTI SOCIALISTE PARVIENT À UN COMPROMIS SUR L'EUROPE
LE PARTI SOCIALISTE PARVIENT À UN COMPROMIS SUR L'EUROPE

PARIS (Reuters) - La direction et l'aile gauche du Parti socialiste sont parvenus à un accord sur la vision de l'Europe qui sera défendue dimanche lors de la convention du PS, au prix d'une résolution un peu plus musclée que prévu pour réorienter l'Union européenne.

Les proches du ministre délégué à l'Economie sociale Benoît Hamon, qui avaient vu la semaine dernière leurs amendements rejetés lors de l'adoption d'un premier texte à 90% des voix, criaient à la manipulation des résultats.

Certains n'avaient pas hésité à mettre en cause la légitimité du Premier secrétaire du PS Harlem Désir et menaçaient de boycotter le rendez-vous de dimanche.

Les tractations menées dans la nuit de mercredi à jeudi par la commission des résolutions du parti ont permis d'aboutir à une "synthèse", pour les uns, un "compromis politique" pour les autres, satisfaisant pour les deux camps.

"L'aspiration majoritaire des militants à une réorientation de l'Europe qui s'est exprimée dans nos amendements a été entendue", déclare "Maintenant la gauche", qui représente une partie de l'aile gauche, dans un communiqué.

Un "Monde d'avance", piloté par Benoît Hamon, se félicite aussi de voir que "le fait démocratique a été reconnu par tous".

Pour la direction, les militants ont exprimé "un soutien fort à la politique conduite par le président de la République et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault pour une relance et une réorientation de la construction européenne."

Les débats avaient pris ces derniers jours une ampleur inattendue car, sur le fond, les positions des différentes sensibilités étaient moins éloignées que par le passé sur la question européenne.

Le référendum du 29 mai 2005 avait vu le parti alors dirigé par François Hollande se fracturer sur l'Europe.

La gauche du PS redoute toutefois les élections européennes de juin 2014 et espère mieux résister en se joignant au concert de critiques contre la politique d'austérité imposée selon eux à l'Europe par l'Allemagne d'Angela Merkel.

RÉVISER LE PACTE DE STABILITÉ

Or, Harlem Désir et l'équipe dirigeante n'entendaient pas laisser inscrire certaines formulations jugées irréalistes.

Le courant "Un monde d'avance", pourtant dans la majorité autour d'Harlem Désir, réclamait ainsi "la suspension du pacte budgétaire européen".

D'autres amendements souhaitaient que les Etats aient pour mission de fixer le taux de change de l'euro ou que la Banque centrale européenne (BCE) puisse acheter directement les titres de dette publique des Etats membres.

Selon "Maintenant la gauche", la résolution finalement adoptée prévoit de "réviser le pacte de stabilité" pour donner la priorité au soutien à la croissance dans chaque pays.

Elle demande "un calendrier étendu, crédible et réaliste de réduction des déficits publics".

Le texte demande aussi d'agir "en faveur d'une parité plus équilibrée de l'euro, aujourd'hui surévalué par rapport au dollar américain, au yuan chinois et au yen japonais, en confiant la politique de change aux autorités politiques de l'Union."

Les socialistes souhaitent également "augmenter le budget européen par sa renégociation, en exigeant du Conseil Européen un cadre financier pluriannuel plus ambitieux permettant d'accroître les ressources en faveur de la croissance et de l'investissement".

Même plus modérées, ces revendications n'ont aucune chance d'être acceptées par les partenaires européens de la France.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • fgino le jeudi 13 juin 2013 à 16:41

    Même plus modérées, ces revendications n'ont aucune chance d'être acceptées par les partenaires européens de la France. ah que je me marre ! ça fait du bien !