Le parti de Robert Mugabe revendique la victoire au Zimbabwe

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LE PARTI DE ROBERT MUGABE REVENDIQUE LA VICTOIRE À LA PRÉSIDENTIELLE AU ZIMBABWE
LE PARTI DE ROBERT MUGABE REVENDIQUE LA VICTOIRE À LA PRÉSIDENTIELLE AU ZIMBABWE

JOHANNESBURG/HARARE (Reuters) - La Zanu-PF, parti du président sortant Robert Mugabe, a revendiqué jeudi une large victoire à la présidentielle organisée la veille au Zimbabwe, mais son rival Morgan Tsvangirai a dénoncé des "fraudes monumentales" et une "énorme farce" à propos d'un scrutin "nul et non avenu".

Les deux scrutins, présidentiel et législatif, se sont déroulés dans le calme mercredi, mais ces déclarations contradictoires laissent présager une âpre contestation du résultat définitif, ce qui fait craindre une répétition des violences qui avaient suivi l'issue contestée du précédent scrutin en 2008.

Les résultats officiels seront publiés le 5 août.

Mais, sans attendre, un haut responsable de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) a affirmé jeudi que le parti du président l'emportait largement sur le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) du Premier ministre sortant Morgan Tsvangirai.

"Nous avons remporté cette élection. Nous avons enterré le MDC. Nous n'avons jamais eu de doute sur notre victoire", a-t-on déclaré à Reuters par téléphone.

En réponse à cette revendication, le MDC a évoqué par la voix d'un haut responsable, des "fraudes monumentales".

"Les Zimbabwéens ont été menés en bateau par la Zanu-PF et par Mugabe, et nous ne l'acceptons pas", a déclaré un haut responsable du MDC à Reuters sous le sceau de l'anonymat.

"Cela a été une énorme farce", a pour sa part déclaré Morgan Tsvangirai lors d'une conférence de presse au siège du MDC à Harare. "A notre avis, cette élection est nulle et non avenue."

Le MDC devait tenir une réunion d'urgence dans l'après-midi.

La police anti-émeute a pris position aux abords du siège du MDC, dans le centre d'Harare, tandis qu'un observateur indépendant du scrutin expliquait que les premiers résultats semblaient "un désastre" pour Morgan Tsvangirai. Il a requis l'anonymat de crainte d'être arrêté.

UN "DÉSASTRE" POUR TSVANGIRAI

Les observateurs occidentaux n'ont pu assister au vote mais le chef de la mission d'observation mise en place par l'Union africaine (UA) a indiqué mercredi qu'à première vue, le scrutin, s'était déroulé dans le calme et que les électeurs avaient été laissés libres de leur choix. Cette déclaration contredit l'avis du MDC et d'autres organismes indépendants.

Le Réseau de soutien aux élections au Zimbabwe (ZESN), un groupe zimbabwéen indépendant, estime que la crédibilité du scrutin est "sérieusement compromise" par les irrégularités constatées le jour de l'élection.

Les responsables du ZESN ont déclaré lors d'une conférence de presse qu'un grand nombre de personnes, majoritairement favorables au Premier ministre Morgan Tsvangirai, s'étaient vu refuser l'accès aux bureaux de vote dans les fiefs du MDC.

Ils ont aussi émis des doutes sur l'authenticité des listes électorales, soulignant que 99,97% des électeurs en zone rurale, où se situent les principaux soutien du président, ont été enregistrés, contre seulement 67,9% dans les zones urbaines pro-Tsvangirai.

"Ce n'est pas parce qu'une élection se déroule pacifiquement qu'elle est crédible", a déclaré Solomon Zwana, responsable du ZESN. "Elle doit offrir à tous les citoyens les mêmes opportunités de vote."

Plusieurs sources politiques ont indiqué à Reuters que des membres importants du MDC avaient perdu leur siège aux législatives organisées le même jour, y compris dans la capitale, fief de Tsvangirai, depuis son apparition sur la scène politique de l'ancienne colonie britannique il y a 15 ans.

Plus d'une semaine avant les élections, les Etats-Unis avaient déjà fait part de leur craintes concernant la crédibilité du scrutin, citant une presse et des forces de l'ordre favorables au parti du président.

Or, l'avis de Bruxelles, Londres ou Washington est très important pour l'économie zimbabwéenne, qui ne s'est toujours pas remise des conséquences d'une décennie de marasme et d'hyper inflation qui s'est achevée en 2009 avec la suppression du dollar zimbabwéen sans valeur.

Bureau de Johannesburg, MacDonald Dzirutwe à Harare; Clémence Apetogbor, Hélène Duvigneau et Danielle Rouquié pour le service français

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