Le parti de Fico en tête des législatives en Slovaquie

le , mis à jour à 23:40
0
 (Actualisé avec autres résultats, éléments de contexte) 
    BRATISLAVA, 5 mars (Reuters) - Le Premier ministre slovaque 
Robert Fico, en pointe dans le rejet des quotas européens de 
répartition de réfugiés, était en passe samedi soir de remporter 
les élections législatives mais devra s'employer pour former une 
coalition viable. 
    A la fermeture des bureaux de vote, à 22h00 (21h00 GMT), le 
Smer, sa formation affiliée au Parti socialiste européen, arrive 
en tête avec 27,3% des voix, selon un sondage sortie des urnes 
diffusé par la chaîne TV Markiza. 
    Le parti libertarien SaS, dont le refus d'approuver le plan 
de sauvetage de la Grèce en 2012 a fait chuter le précédent 
gouvernement slovaque de centre droit, arriverait en deuxième 
position avec 13,3% des voix. 
    Sept autres partis seraient en mesure de décrocher des élus 
au Conseil national, le parlement monocaméral du pays, ce qui 
pourrait compliquer la formation d'une coalition. 
    Le dépouillement devait se prolonger tout au long de la 
nuit.  
    Âgé de 51 ans, Robert Fico a gouverné le pays entre 2006 et 
2010, puis à partir de mars 2012. Avec plus de 44% des voix, son 
parti avait alors décroché la majorité absolue des sièges, 
permettant à Fico de gouverner sans former de coalition, une 
première depuis l'indépendance de la Slovaquie en 1993. 
    Son recul était attendu, mais pas dans une telle proportion: 
les derniers sondages tablaient sur un score autour de 35% des 
voix. 
    Le Premier ministre sortant dépeint le multiculturalisme 
comme une "fiction" et refuse d'accepter les quotas de 
répartition de réfugiés que la Commission européenne recommande 
pour résoudre la crise migratoire. Il est également opposé aux 
sanctions européennes contre la Russie.  
    Même s'ils emploient un langage moins agressif, la plupart 
des partis d'opposition de centre droit partagent avec lui 
l'idée que les musulmans ne peuvent pas s'intégrer dans ce pays 
majoritairement catholique de 5,4 millions d'habitants et 
représentent une menace pour la sécurité nationale.  
    Le recul dans les urnes de Fico, qualifié de populiste par 
ses adversaires, s'explique notamment par la persistance d'un 
taux de chômage élevé, supérieur à 10%, et d'inégalités fortes 
entre les régions, et les faiblesses des systèmes de santé et 
d'éducation.  
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant