Le parquet fait appel dans l'affaire des viols collectifs

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APPEL DANS L'AFFAIRE DES VIOLS COLLECTIFS DE FONTENAY-SOUS-BOIS
APPEL DANS L'AFFAIRE DES VIOLS COLLECTIFS DE FONTENAY-SOUS-BOIS

PARIS (Reuters) - Le parquet de Créteil a annoncé vendredi avoir fait appel de l'arrêt ayant acquitté jeudi 10 des 14 accusés d'un procès de viols collectifs présumés sur deux filles dans des cités de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

Cette décision, qui condamnait par ailleurs quatre hommes à des peines de prison allant de trois ans avec sursis à un an ferme, avait suscité des protestations d'associations féministes et de la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Le parquet de Créteil ne fera appel que des quatre condamnations qu'il juge trop légères et de quatre des acquittements. Les six autres acquittements, auquel le parquet ne s'était pas opposé dans son réquisitoire au procès, faute d'éléments à charge, sont donc définitifs.

"Nous faisons appel car le verdict est trop éloigné des réquisitions et parce qu'il ne correspond pas à la lecture faite de ce dossier par le ministère public", a dit à Reuters une source au parquet.

"Nous souhaitons donner un message de cohérence et faire passer le message que les deux jeunes filles doivent être restaurées dans leur statut de victimes", a ajouté cette source.

Le verdict rendu ne retient en effet des viols que sur une seule des plaignantes.

Le parquet assure n'avoir reçu aucune consigne du ministère - comme c'est possible légalement - mais dit avoir pris la décision "en concertation avec le parquet général", qui peut être le relais de la place Vendôme.

Au terme d'un procès de trois semaines à huis clos, l'accusation avait requis des peines de cinq à sept ans de prison pour les huit accusés dont il soutenait la culpabilité.

Le verdict a été mal reçu par des associations féministes qui pour certaines parlent de "permis de violer".

Les accusés, âgés aujourd'hui de 29 à 33 ans, niaient les accusations que l'audience ne semble pas avoir permis de confirmer totalement, les deux plaignantes elles-mêmes dédouanant certains des accusés. Le dossier était vide de toute preuve matérielle et ne reposait que sur leurs déclarations.

Ce sujet des viols en réunion est revenu dans l'actualité ces dix dernières années, avec l'idée que le phénomène serait nouveau et frapperait plutôt les banlieues pauvres.

Une étude du sociologue Laurent Mucchielli parue en 2005 avait cependant contredit ces impressions, montrant une relative stabilité statistique depuis les années 1960. Le viol commis individuellement ou en réunion est de longue date l'ordinaire des cours d'assises du pays.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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  • TONAR22 le vendredi 12 oct 2012 à 18:15

    fallait vraiment avoir rien à se mettre sous la dent ...beurk !!