Le parquet de Paris veut entendre Madoff et mettre en examen UBS

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LE PARQUET DE PARIS VEUT ENTENDRE BERNARD MADOFF ET METTRE LA BANQUE UBS EN EXAMEN
LE PARQUET DE PARIS VEUT ENTENDRE BERNARD MADOFF ET METTRE LA BANQUE UBS EN EXAMEN

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a demandé l'audition du financier américain Bernard Madoff et sollicité d'un juge la mise en examen de la banque suisse UBS dans une enquête visant les ramifications françaises de cette escroquerie historique, a-t-on appris de source judiciaire jeudi.

Dans un réquisitoire daté de mai, révélé partiellement par Le Parisien, le parquet demande au juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke "de prononcer les mises en examen se déduisant des éléments (de l'enquête), en particulier celle d'UBS Luxembourg", selon le document lu à Reuters par cette source.

Le procureur de Paris estime notamment qu'UBS doit répondre d'avoir trompé ses clients en lui proposant dans une publicité d'investir dans deux fonds luxembourgeois, Luxalpha et Luxinvest, présentés comme des émanations d'UBS alors qu'il s'agissait d'entités gérées par la galaxie Madoff.

Le procureur estime aussi qu'il convient de s'interroger sur une éventuelle fraude pour l'obtention d'un agrément luxembourgeois pour ces activités, puisque les fonds ne remplissaient pas les critères légaux.

Il n'est pas certain que ces demandes du parquet soient suivies par le juge d'instruction, qui avait déjà refusé une première demande d'actes précédemment, avant de se voir contredire par la cour d'appel.

Cette enquête française ouverte pour "escroquerie aggravée, abus de confiance aggravé, blanchiment en bande organisée", constitue une des tentatives judiciaires mondiales d'élucidation de ce qui est considéré comme la plus vaste escroquerie de l'histoire de la finance mondiale.

Il n'y a pas eu de procès aux Etats-Unis. Bernard Madoff, arrêté en décembre 2008, a plaidé coupable trois mois plus tard. Agé de 74 ans, il purge actuellement une peine d'emprisonnement de 150 ans dans une prison fédérale de Caroline du Nord.

Il a employé pendant plus de 20 ans une technique ancienne et rudimentaire dite de "Ponzi". Elle consiste à leurrer les épargnants volés en leur servant des intérêts avec l'argent des nouveaux arrivants, sans jamais faire de placement réel.

Le préjudice mondial est évalué à des dizaines de milliards de dollars, dont 500 millions d'euros en France au moins.

Renaud Van Ruymbeke a adressé dans cette affaire des commissions rogatoires internationales au Luxembourg et au Royaume-Uni, mais il n'a pas engagé de poursuites, revenant même sur la seule mise en examen prononcée en novembre 2009, celle de Patrick Littaye, dirigeant de la société Access international advisors.

Cette société apportait des épargnants français à Madoff. Patrick Littaye aurait perdu sa propre fortune dans l'escroquerie. En décembre 2008, un autre dirigeant d'Access, Thierry de La Villehuchet, s'était suicidé à New York à la suite de la révélation de la fraude.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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