Le Parlement ukrainien s'oppose au départ de Timochenko

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LE PARLEMENT UKRAINIEN REFUSE LE TRANSFERT DE IOULIA TIMOCHENKO À L'ÉTRANGER
LE PARLEMENT UKRAINIEN REFUSE LE TRANSFERT DE IOULIA TIMOCHENKO À L'ÉTRANGER

par Richard Balmforth et Pavel Polityuk

KIEV (Reuters) - Le Parlement ukrainien a rejeté jeudi des projets de loi dont l'adoption aurait permis le transfert à l'étranger de l'ex-chef de gouvernement Ioulia Timochenko.

Le vote des élus ukrainiens risque de contrecarrer le rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne, à une semaine d'un sommet entre UE et Kiev en Lituanie.

L'UE a lié la signature d'un accord d'association et de libre-échange avec Kiev à la libération de l'opposante, qui purge une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir. La Russie a dénoncé des "pressions impardonnables".

L'Allemagne et la Lituanie, qui accueillera le 28 novembre le sommet à l'occasion duquel le traité d'association doit être signé, ont souligné récemment que l'Ukraine devait préalablement libérer Ioulia Timochenko.

Des émissaires européens ont fait la navette entre Bruxelles et Kiev pour trouver un compromis qui permettrait à l'égérie de la "révolution orange" de 2004, souffrante du dos, d'aller se faire soigner en Allemagne.

Aucun des six textes présentés jeudi n'a toutefois obtenu les 226 voix nécessaires pour être adopté au Parlement, dominé par le Parti des régions, dont le président Viktor Ianoukovitch est issu.

Volodimir Ribak, président de la Chambre, a ordonné à tous les groupes parlementaires de reprendre leurs discussions sur le sujet, qui, selon lui, pourraient aboutir dans les jours qui viennent. Un groupe de travail multipartite s'est déjà réuni en vain à plusieurs reprises.

"JUSTICE SÉLECTIVE"

"Le président Ianoukovitch bloque personnellement la route menant à l'Europe", a déploré Arseni Iatseniouk, ancien ministre de l'Economie et figure de l'opposition, qui réclame une grâce présidentielle.

Le chef de l'Etat ukrainien s'est dit prêt à promulguer une loi autorisant la libération de sa rivale, à condition qu'elle ne cherche pas à échapper "à sa responsabilité pénale", ce qui supposerait qu'elle purge le reste de sa peine à l'issue de son traitement médical.

Viktor Ianoukovitch craint qu'une réhabilitation politique de Ioulia Timochenko ne compromette ses chances de réélection en 2015.

Selon une source européenne, il a déclaré cette semaine au commissaire européen à l'Élargissement, Stefan Füle, qu'en l'état actuel des négociations, il ne pourrait signer l'accord d'association à Vilnius.

Le président ukrainien, dont les projets européens ne sont pas du goût de Moscou, premier fournisseur de gaz à l'Ukraine, cherche vraisemblablement à obtenir de meilleures conditions financières de la part de Bruxelles, ajoute-t-on de même source.

Parmi les Etats membres de l'UE, beaucoup craignent que la signature d'un accord avec Kiev ne donne lieu à des représailles russes, mais d'autres jugent nécessaire que l'Ukraine s'engage pleinement sur le voie de la démocratie, notamment en renonçant à appliquer une "justice sélective".

Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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