Le Parlement ukrainien appuie la loi de décentralisation

le , mis à jour à 16:27
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(Actualisé avec mort d'un membre de la Garde nationale) par Natalia Zinets et Richard Balmforth KIEV, 31 août (Reuters) - Le Parlement ukrainien a voté lundi en première lecture, à l'issue d'une séance houleuse, un projet de loi de décentralisation visant à accorder une plus grande autonomie aux deux régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk, dans l'est du pays. Au même moment, de violents heurts se produisaient aux abords du parlement et un membre de la garde nationale est décédé de ses blessures. Près de 90 autres membres des forces de l'ordre ont été blessés. A la mi-juillet, les députés de la Rada avaient déjà appuyé un projet préliminaire allant dans ce sens. Le texte avait été soumis par le président Petro Porochenko, sous la pression des dirigeants occidentaux, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu conclu en février à Minsk, la capitale biélorusse. Si ce projet de loi n'est pas jugé contraire à la Constitution, il devra recueillir les voix d'au moins 300 des 450 députés de la Rada pour être adopté lors de son examen final. Lors du vote de lundi, 265 députés se sont prononcés en sa faveur -- 39 de plus que ce qui était nécessaire à ce stade pour que le texte ne soit pas enterré. De nombreux membres de la coalition au pouvoir, notamment l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko, se sont violemment opposés à cette réforme, qui pourrait avoir du mal à recueillir les 300 voix nécessaires à son adoption définitive. Les opposants à ce texte jugent qu'il affaiblit l'Ukraine dans sa lutte contre les séparatistes pro-russes, alors que la trêve conclue en février a été régulièrement violée sur le terrain. Alors que le vote se déroulait, des manifestants nationalistes ont affronté les forces de sécurité devant le bâtiment du Parlement. Des engins explosifs ont été lancés sur les forces de l'ordre et ont blessé près de 90 policiers et membres de la Garde nationale ukrainienne, a dit le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov. Un conseiller du ministre de l'Intérieur a déclaré sur Facebook qu'un membre de la Garde nationale était décédé de ses blessures après avoir atteint par un tir devant le parlement. "En plus d'avoir recours à des grenades, les provocateurs utilisaient des armes à feu(...)", a-t-il dit, en faisant allusion aux grenades lancées de la foule en direction du parlement où se tenait le débat. VIOLENTE MANIFESTATION NATIONALISTE Un caméraman de Reuters TV a vu plusieurs policiers s'effondrer. Deux d'entre eux ont reçu des soins sur place. "L'adoption de cette loi permettra à nos partenaires occidentaux de faire pression sur la Russie pour qu'elle applique trois éléments-clés de l'accord de Minsk -- le cessez-le-feu, le retrait des forces russes du territoire ukrainien et le rétablissement des contrôles à la frontière", a déclaré lors du débat parlementaire Maksim Bourbak, député du Front populaire, le parti du Premier ministre Arseni Iatseniouk. "Nous devons aider la coalition internationale anti-Poutine", a renchéri Youri Loutsenko, du Bloc Porochenko. Mais ces déclarations n'ont pas convaincu les adversaires du projet. "Cette modification de la Constitution est anti-ukrainienne, elle sert les intérêts de Poutine dans son projet de détruire l'Ukraine", a dit le dirigeant du Parti radical, Oleh Liachko. Pour Ioulia Timochenko, "cette décentralisation n'est pas le chemin vers la paix, au contraire, et elle nous conduira à abandonner une partie de notre territoire". "Poutine n'a pas besoin du Donbass. Ce qu'il veut, c'est la guerre en Ukraine. Notre rôle est de remettre les négociations sur le bon chemin afin de ramener la paix, pas l'illusion de la paix", a-t-elle poursuivi. Plus de 6.500 personnes ont été tuées depuis le début du conflit dans l'est de l'Ukraine en avril 2014, après l'annexion de la Crimée par la Russie en réponse au renversement du président ukrainien pro-russe Victor Ianoukovitch. Les dirigeants ukrainiens et les séparatistes pro-russes sont convenus le 26 août de mettre un terme à toutes les violations du cessez-le-feu. Samedi, la France, la Russie et l'Allemagne ont soutenu cet appel à un strict respect de la trêve et estimé qu'une nouvelle rencontre avec le président ukrainien pourrait être utile dans les prochaines semaines. ID:nL5N1140DW (Avec Serhiy Karazy; Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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