Le Parlement hongrois met Orban en échec sur les quotas de migrants

le , mis à jour à 17:13
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 (Réaction du gouvernement, précisions §8-10) 
    BUDAPEST, 8 novembre (Reuters) - Le Parlement hongrois a 
rejeté mardi de justesse un projet d'amendement constitutionnel 
présenté par le gouvernement de Viktor Orban pour interdire le 
plan européen de répartition des migrants.  
    Le texte a été approuvé par 131 des 199 députés, à 65,8%, 
juste sous le seuil requis de la majorité des deux tiers. Il 
aurait fallu 133 voix pour que l'amendement soit approuvé. 
L'opposition, dont le parti d'extrême droite Jobbik, avait 
décidé de boycotter le vote. 
    Orban estime que cet amendement est indispensable pour 
respecter le choix de ses compatriotes, qui ont rejeté par 
référendum le 2 octobre dernier les projets européens de quotas 
de migrants. Mais si le non l'a emporté à la quasi-unanimité, la 
participation n'a pas été suffisante pour valider l'issue du 
référendum.   
    Le Premier ministre arguait qu'en dépit de cette 
invalidation, le vote lui avait donné un mandat politique fort 
pour rejeter la politique des quotas que Bruxelles cherche à 
mettre en oeuvre pour répartir entre les pays membres de l'UE la 
charge que représente l'arrivée de quelque 1,4 million de 
migrants et réfugiés depuis début 2015. 
    "Ce vote aujourd'hui est un fiasco temporaire pour Orban, de 
même que le référendum qui n'a pas été validé", a commenté 
Robert Laszlo, politologue du centre de recherches et de 
réflexion Political Capital. "A Bruxelles, il ne pourra pas le 
vendre comme un succès, sa position sera affaiblie." 
    Les nationalistes du parti Jobbik, qui n'ont pas pris part 
au vote de mardi, ont indiqué qu'ils pourraient soutenir 
l'amendement Orban à condition que le gouvernement supprime un 
régime créé en 2013 qui ouvre droit à un permis de cinq ans de 
résidence aux étrangers achetant des obligations d'Etat d'une 
valeur de 300.000 euros. 
    Quelque 10.000 investisseurs chinois ont souscrit à ce 
programme. 
    Le parti Jobbik, qui compte 24 élus au Parlement, a déployé 
pendant le vote de mardi une banderole dénonçant "les traîtres 
qui laissent entrer des terroristes contre de l'argent" et le 
gouvernement a rejeté la proposition du parti d'extrême droite.  
    "Concernant l'idée de Jobbik, nous maintenons ce que nous 
avons déjà dit : le chantage politique n'a pas sa place sur une 
question nationale", a déclaré le porte-parole du gouvernement 
Zoltan Kovacs dans un courriel à Reuters. "Nous serons en mesure 
de discuter des prochaines étapes à la lumière des décisions 
prises par la présidence de la Fidesz." 
    Le Jobbik est le premier parti d'opposition en Hongrie, où 
domine le parti conservateur au pouvoir, la Fidesz. Dans un 
sondage paru le mois dernier, la Fidesz était créditée de 32% 
des intentions de vote contre 30% en juillet et le Jobbik 
obtenait 10% contre 14% en juillet. Les socialistes étaient 
soutenus par 9% des sondés.   
 
 (Krisztina Than et Sandor Peto; Henri-Pierre André et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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