Le Parlement grec adopte de nouvelles réformes contestées

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 (Actualisé avec déclarations, contexte) 
    par George Georgiopoulos et Renee Maltezou 
    ATHENES, 9 mai (Reuters) - Le Parlement grec a adopté tard 
dimanche soir des réformes contestées de la fiscalité et des 
retraites réclamées par les créanciers internationaux, à la 
veille d'une réunion des ministres des finances de la zone euro. 
    Ces mesures, nécessaires au déblocage d'une nouvelle tranche 
d'aide dans le cadre du plan de sauvetage financier négocié 
l'été dernier par le Premier ministre Alexis Tsipras avec ses 
partenaires européens, visent à garantir que le budget grec 
dégagera un excédent primaire (hors service de la dette) de 3,5% 
du PIB en 2018. 
    Cet objectif négocié avec les créanciers doit permettre le 
retour de la Grèce sur le marché de la dette et rendre son 
endettement viable. 
    Mais ce nouveau train de réformes, qui s'ajoute à six années 
de politique d'austérité, est rejeté par les syndicats, qui 
avaient appelé à manifester dimanche devant le Parlement. Dans 
la soirée, des échauffourées ont éclaté. La police a fait usage 
de gaz lacrymogènes pour repousser des manifestants. 
    Les ministres des Finances des 19 pays de la zone euro se 
retrouvent ce lundi à Bruxelles pour évaluer les nouvelles 
mesures prises par Athènes avec la clef le possible déblocage 
d'une nouvelle tranche aide. Plusieurs personnalités, dont la 
directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ont appelé à une 
discussion sur un éventuel allègement de la dette grecque. 
     
    "NOTRE MONDE EST UN CONTRAT" 
    Aucune voix n'a fait défaut dimanche soir à la coalition 
gouvernementale, qui ne compte trois voix de majorité. Mais le 
débat parlementaire a souligné l'ampleur de la contestation.  
    "M. Le Premier ministre, vous avez promis l'espoir et vous 
l'avez transformé en désespoir", a lancé Fofi Gennimata, chef de 
file du Pasok, le Parti socialiste grec. A droite, Kyriakos 
Mitsotakis, le chef du parti conservateur Nouvelle démocratie, a 
affirmé que ces mesures seraient "le tombeau des perspectives de 
croissance" de l'économie nationale. 
    Les réformes votées dimanche soir sont censées dégager des 
économies à hauteur de 3% du PIB. Elles prévoient une 
augmentation de l'imposition des hauts revenus et revoient le 
montant des retraites, avec création d'une pension nationale de 
384 euros par mois après vingt ans de cotisation, retrait 
progressif d'une allocation versée aux petites retraites et 
modification du calcul des pensions. 
    "Notre monde est un contrat", a répondu le ministre des 
Finances, Euclide Tsakalotos. "Nous avons fait ce que nous 
avions promis, dorénavant, le FMI et l'Allemagne doivent fournir 
une solution qui soit faisable, une solution pour la dette qui 
ouvrirait un horizon clair pour les investisseurs", a-t-il 
ajouté. 
    Car Athènes veut désormais que s'engage le débat sur un 
allègement de sa dette. 
    Après Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds 
monétaire international (FMI), qui a appelé à mener des 
discussions sur un allégement de la dette grecque en même temps 
que celles sur les réformes entreprises par Athènes 
 , le ministre allemand de l'Economie, Sigmar 
Gabriel, a réclamé à son tour ce week-end que les Etats membres 
de la zone euro entament des négociations sur un allègement de 
la dette grecque. 
    "Chacun sait qu'un allègement de la dette interviendra à un 
moment ou à un autre. Essayer de se dérober encore et encore n'a 
pas de sens", a ajouté le vice-chancelier allemand.   
    Mais cette position n'est pas partagée par son collègue des 
Finances, Wolfgang Schäuble, qui juge un allègement inutile. 
 
 (Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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