Le Parlement grec adopte de nouvelles réformes avant l'Eurogroupe

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 (Actualisé avec Tsipras, manifestation, précisions) 
    ATHENES, 22 mai (Reuters) - Le Parlement grec a adopté 
dimanche une loi alourdissant la fiscalité, libéralisant la 
vente des prêts bancaires douteux et créant un nouveau fonds de 
privatisation pour convaincre ses créanciers de débloquer une 
nouvelle tranche d'aide et d'entamer les négociations sur 
l'allègement de la dette. 
    Les députés grecs ont voté cette réforme très contestée à 
deux jours d'une réunion capitale de l'Eurogroupe qui décidera 
si la Grèce remplit les conditions qui lui ont été fixées et 
alors que des centaines de manifestants étaient rassemblés 
devant la Vouli pour dénoncer ce nouveau tour de vis. 
    "Les Grecs ont déjà payé un prix élevé mais c'est sans doute 
la première fois que la possibilité que ces sacrifices soient 
les derniers est si évidente", a déclaré le Premier ministre 
Alexis Tsipras aux députés avant le vote.     
    Le gouvernement ne dispose que d'une courte majorité de 153 
députés (sur 300), qui ont tous voté en faveur des réformes à 
l'exception d'un élu qui a approuvé le texte dans son ensemble 
mais rejeté certains articles du projet de loi. 
    La réforme fiscale prévoit une hausse d'un point du taux de 
TVA, qui va passer à 24%, ainsi que des taxes supplémentaires 
sur l'essence, le tabac, l'utilisation d'internet et la 
propriété foncière. 
    "C'est un désastre", a estimé Panayiotis Kehris, un homme 
d'affaires de 60 ans qui manifestait devant le Parlement. "Nous 
allons devoir réduire toutes nos dépenses, de l'alimentation aux 
déplacements en voiture." 
    Pour apaiser la colère populaire, Alexis Tsipras a déclaré 
aux députés qu'à chaque fois qu'Athènes dépasserait son objectif 
d'excédent primaire annuel, le surplus budgétaire servirait à 
abonder un fonds de solidarité sociale. Quelque 700 millions 
d'euros y seront versés cette année, a-t-il précisé. 
    Les négociations entre la Grèce et ses créanciers durent 
depuis des mois en raison, notamment, de désaccords entre 
l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) sur 
les progrès réalisés par Athènes et sa réticence à adopter de 
nouvelles mesures impopulaires.  
    Un responsable européen a déclaré cette semaine que les 
ministres des Finances de la zone euro tenteraient de conclure 
mardi avec la Grèce à la fois un compromis sur un ensemble de 
réformes "optionnelles" pour garantir qu'Athènes respectera ses 
objectifs budgétaires et un accord politique relatif à un futur 
allègement de sa dette.   
    Le FMI juge nécessaire un important allègement de la dette 
grecque, ce à quoi certains pays européens sont réticents. 
    La Grèce espère pour sa part que la réunion de l'Eurogroupe 
se concentrera sur des dispositions de court et moyen termes en 
ce qui concerne un éventuel allègement du poids de sa dette 
publique, qui devrait atteindre cette année 182,8% du produit 
intérieur brut (PIB), selon les projections de la Commission 
européenne. 
    "Ce soir, nous envoyons aux dirigeants européens le message 
que la Grèce remplit ses obligations. Demain, l'autre côté devra 
aussi assumer ses responsabilités", a insisté Alexis Tsipras 
après le vote du Parlement. 
 
 (Lefteris Papadimas et Renee Maltezou; Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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