Le Parlement européen veut interdire le glyphosate dans cinq ans

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    * La Commission européenne se prononce mercredi 
    * L'autorisation du glyphosate expire à la fin de l'année 
    * Voix dissonantes en France 
 
 (Complété avec position française) 
    STRASBOURG, 24 octobre (Reuters) - Le Parlement européen 
s'est prononcé mardi pour l'interdiction d'ici cinq ans du 
glyphosate, l'herbicide le plus répandu dans le monde, à la 
veille d'une décision que doit prendre la Commission européenne 
sur le renouvellement de son autorisation pour dix ans. 
    Dans une résolution adoptée par 355 voix contre 204 et 11 
abstentions, le Parlement européen demande à la Commission 
européenne de retirer sa proposition en l'accusant d'abus de 
pouvoir et de méconnaissance du principe de précaution. 
    Il l'exhorte à "adopter les mesures nécessaires à 
l'élimination progressive de la substance active glyphosate dans 
l'Union européenne d'ici au 15 décembre 2022". 
    C'est un amendement socialiste qui a conduit le Parlement à 
retenir cette date quand sa commission de l'Environnement 
s'était arrêtée sur 2020, comme le prône la France. Le Parti 
populaire européen (centre droit) soutenait une autorisation 
jusqu'en 2022 sans en faire une date butoir. 
    Le Parlement, dont la résolution n'est pas contraignante, 
demande également que l'utilisation du glyphosate à des fins non 
professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017. 
    Les eurodéputés reprochent à la Commission de ne tenir 
compte que de l'avis de l'Efsa (Autorité européenne de sécurité 
des aliments), favorable au produit de la firme Monsanto 
 MON.N , et non de celui du Centre international de recherche 
sur le cancer (Circ), une agence des Nations Unies, qui le 
classe comme "probablement cancérogène". 
    Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui entre 
notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est très 
critiqué par les défenseurs de l'environnement. Son autorisation 
d'utilisation dans l'UE expire à la fin de l'année. 
    Une grande partie des agriculteurs "conventionnels" estiment 
ne pas pouvoir s'en passer à court terme. 
    Leurs fédérations européennes, le Copa et le Cogeca, 
demandaient à l'UE, le 19 octobre, "de ré-autoriser pour 15 ans 
cette substance active au vu des preuves scientifiques qui 
confirment son innocuité", ajoutant que "l'absence de 
ré-autorisation menacerait l'approvisionnement en denrées 
alimentaires produites dans le respect de l'environnement." 
     
    LA FRANCE CHERCHE "LA BONNE TEMPORALITÉ" 
    Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a confirmé 
mardi que la France voterait contre une reconduction du produit 
pour dix ans. 
    "Je veux que l'on en sorte le plus tôt possible, mais il 
faut les avis scientifiques pour la bonne temporalité", a-t-il 
déclaré sur Sud Radio, après avoir récemment évoqué une 
prolongation "de cinq à sept ans". 
    Le ministre français de la Transition écologique et 
solidaire, Nicolas Hulot, a proposé lundi un renouvellement 
limité à trois ans. Le temps, a-t-il expliqué sur RTL, de 
"regarder tout ce que l'on peut trouver en termes d'alternative 
et aider ceux pour lesquels l'utilisation du glyphosate est 
indispensable à se pencher sur d'autres pratiques". 
    "Je ne suis pas scientifique et ne sais pas quel est le 
meilleur délai de sortie du glyphosate", a déclaré mardi 
Stéphane Travert, tout en précisant que "la position de la 
France sera portée par tout le gouvernement." 
    Ségolène Royal, qui a précédé Nicolas Hulot à l'Ecologie, 
s'inquiète d'un "ramollissement" de la position française. 
    "Si la France, qui a reçu la COP 21, qui est exemplaire dans 
le domaine environnemental par ses lois, dit tout d'un coup, on 
passe de l'opposition à l'autorisation même sur une durée très 
courte, je pense que c'est un très mauvais signal et que les 
pollueurs chimiques vont en profiter", a-t-elle estimé lundi 
soir sur CNEWS. 
    Pour l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, "le signal du 
Parlement européen est très fort" et signifie qu'on "ne peut pas 
jouer avec les délais". 
    "Il ne faut pas céder au lobby qui dit 'ce n'est pas 
possible'", a-t-il dit sur BFM TV. "Quand vous avez un produit 
qui est cancérogène, on ne peut pas jouer avec les délais, on ne 
peut pas jouer avec nos organismes et la santé des enfants." 
 
 (Gilbert Reilhac avec Sophie Louet à Paris, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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