Le Parlement européen veut geler l'adhésion de la Turquie à l'UE

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 (Actualisé avec déclarations) 
    STRASBOURG, 22 novembre (Reuters) - Les dirigeants des 
principaux groupes au Parlement européen ont plaidé mardi pour 
le gel des discussions d'adhésion de la Turquie à l'Union 
européenne en raison du recul des droits de l'homme depuis le 
coup d'Etat manqué de l'été dernier. 
    "Notre message pour la Turquie est très clair: les 
négociations d'adhésion devraient être gelées immédiatement", a 
déclaré Manfred Weber, à la tête du Parti populaire européen 
(centre-droit), premier groupe parlementaire à Strasbourg. 
    "Je ne dis pas qu'elles doivent être suspendues, mais je 
crois qu'il est impossible de mener un dialogue avec la Turquie 
dans la situation actuelle. Si la Turquie devait réellement 
rétablir la peine de mort, la Turquie ne pourrait pas se joindre 
à l'Europe", a-t-il ajouté. 
    Le chef de file du groupe socialiste, Gianni Pitella, lui a 
fait écho: "Il faut geler les discussions d'adhésion pour 
envoyer un signal politique fort", a-t-il affirmé avant 
d'égrener les chiffres de la répression menée par le 
gouvernement turc depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet. 
    "Des milliers de personnes arrêtées sans motif, 140 
journalistes en prison, c'est le chiffre le plus élevé au monde, 
un tiers des juges et des procureurs qui ont été incarcérés, 
11.000 enseignants suspendus, dix députés envoyés en prison et 
36 maires remplacés par des commissaires d'Etat : tout ceci 
n'est pas justifiable, pas même par un coup d'Etat que nous 
avons condamné immédiatement", a-t-il ajouté. 
    Le président du groupe libéral et démocrate, Guy 
Verhofstadt, s'est joint au concert en dénonçant la position de 
la Haute représentante pour la politique extérieure de l'UE, 
Frederica Mogherini. 
    "Pour renforcer la démocratie en Turquie, le meilleur moyen 
est de maintenir toutes les voies de communication ouvertes", 
avait-elle plaidé en ouverture du débat. 
    "C'est se voiler la face, tromper nos citoyens et les 
citoyens turcs", a répliqué l'ancien Premier ministre belge, qui 
avait été jusqu'ici l'un des plus chauds soutiens d'une adhésion 
de la Turquie à l'UE. 
    Les eurodéputés devraient formaliser leur demande de gel des 
négociations lors du vote d'une résolution jeudi à Strasbourg. 
     Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a invité le 9 
novembre dernier l'Union européenne à se prononcer rapidement 
sur la demande d'adhésion de la Turquie au bloc communautaire. 
    Le même jour, la Commission européenne déplorait, dans son 
évaluation annuelle des négociations commencées il y a onze ans 
avec Ankara les "reculs" face au respect de l'Etat de droit 
enregistrés en Turquie ces derniers mois. 
    Mardi à Strasbourg, Frederica Mogherini a confirmé que le 
rétablissement de la peine de mort, que le président turc dit 
envisager, "serait un signal que la Turquie ne veut pas faire 
partie de la famille de l'Union européenne et du Conseil de 
l'Europe". 
 
 (Gilbert Reilhac, avec Alissa de Carbonnel et Tom Koerkemeier, 
Tangi Salaün pour le service français, édité par Yves Clarisse) 
 
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