Le Parlement européen veut des registres publics pour les ABS

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    BRUXELLES, 20 mai (Reuters) - Le projet de l'Union 
européenne visant à relancer le marché des titres adossés à des 
actifs (asset-backed securities, ABS) doit inclure la création 
de registres publics précisant les positions des investisseurs 
et la nature des actifs sous-jacents, a proposé vendredi le 
député européen en charge du projet.  
    Cette initiative pourrait retarder l'adoption du projet 
présenté en septembre par la Commission, censé favoriser la 
relance du marché de la titrisation d'actifs, qui ne s'est 
jamais réellement remis de la crise financière de 2007-2008 et 
reste inférieur de 80% à son pic de 2008. 
    Le député européen Paul Tang, membre du groupe 
social-démocrate et en charge au dossier au Parlement européen 
(PE), estime que la relance de ce marché "implique de réduire 
l'asymétrie de l'information et l'aléa moral qui sont inhérents 
à ce marché".  
    Il appuie la proposition de la Commission visant à créer une 
nouvelle catégorie de dette dite "simple, transparente et 
standardisée" (STS), qui bénéficierait de règles moins strictes 
en matière de garanties en capital.  
    Mais il propose d'amender le projet afin d'y inclure la 
création d'"un registre public contenant les informations 
essentielles sur les titrisations et sur quels investisseurs 
détiennent quelles positions", en arguant du fait que le manque 
de transparence est l'une des principales raisons à la faiblesse 
de ce marché.  
    Il rappelle que les ABS, censés faciliter le financement de 
prêts immobiliers, automobiles ou à la consommation, ont été à 
l'origine de la crise américaine des "subprime".  
    Le vote du Parlement sur le projet, que le commissaire aux 
Services financiers Jonathan Hill souhaitait rapide, pourrait 
être reporté à décembre, selon le calendrier du PE.  
    Paul Tang met par ailleurs en cause le rôle de la Banque 
centrale européenne (BCE) dans la réforme des ABS, alors que 
l'institution de Francfort soutient la démarche de la 
Commission.  
    "Le rôle de la BCE à cet égard, à la fois de superviseur et 
de partie prenante prônant une mise en oeuvre rapide, est sujet 
au doute", écrit-il en notant que la BCE a intérêt à relancer le 
marché des ABS, la titrisation étant devenue l'un des principaux 
instruments de sa politique monétaire.  
     
 
 (Francesco Guarascio; Marc Angrand pour le service français, 
édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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