Le Parlement européen refuse le commissaire désigné hongrois

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(Actualisé avec rejet de sa candidature par les eurodéputés) BRUXELLES, 6 octobre (Reuters) - Une commission du Parlement européen s'est prononcée lundi contre la nomination du Hongrois Tibor Navracsics au poste de commissaire chargé de l'Education, la culture, la jeunesse et la citoyenneté tout en acceptant qu'un autre poste lui soit confié au sein de l'exécutif européen, a-t-on appris auprès de parlementaires. "Première défaite pour Juncker!", écrit sur Twitter l'eurodéputé Vert espagnol Ernest Maragall. Ce dernier précise que la commission de la Culture et de l'éducation a voté par 14 voix contre 12 contre la désignation de Tibor Navracsics, ce qui pourrait bouleverser les plans de Jean-Claude Juncker, le futur président de la Commission. "Il peut toujours faire partie de la Commission, mais pas dans ce rôle", a déclaré une source parlementaire à Reuters. Comme le veut la procédure, Tibor Navracsics a été auditionné mercredi dernier par les deux commissions du Parlement européen spécialisées dans les domaines de compétences que souhaitait lui attribuer Jean-Claude Juncker. Les eurodéputés l'ont toutefois prié de répondre par écrit à une nouvelle série de questions, nombre d'élus s'interrogeant sur la pertinence de confier un tel portefeuille à un ancien membre d'un gouvernement taxé par ses adversaires, y compris au sein des institutions européennes, de dérive nationaliste et liberticide. LE VOTE DU PARLEMENT PRÉVU LE 22 OCTOBRE Dans ses réponses, Tibor Navracsics s'est efforcé de prendre ses distances avec les politiques mises en oeuvre par le gouvernement de Viktor Orban, auquel il a appartenu jusqu'en juillet en tant que ministre de la Justice puis des Affaires étrangères. "La liberté de la presse et la pluralité des médias sont d'une importance essentielle à une société démocratique. Je regrette que parfois dans le passé, le gouvernement hongrois, auquel je n'appartiens plus, n'ait pas accordé une importance suffisante à cet aspect important", écrit-il. Cela n'a pas suffi à convaincre les eurodéputés. Les auditions des commissaires désignés ne sont pas encore terminées au Parlement européen. A l'instar de Tibor Navracsics, certains des prétendants déjà auditionnés ont été priés de répondre par écrit à de nouvelles questions. C'est le cas du Français Pierre Moscovici, pour le portefeuille des Affaires économiques et financières. Le Britannique Jonathan Hill, chargé des services financiers, va même devoir repasser un oral devant le Parlement. Les eurodéputés doivent se prononcer sur la composition de la future Commission dans son ensemble lors d'un vote à Strasbourg le 22 octobre, pour une entrée en fonctions prévue le 1er novembre. Les réticences des eurodéputés face à certains choix de Jean-Claude Juncker pourraient toutefois contraindre ce dernier à remanier son équipe avant le vote. (Alastair Macdonald, avec Paul Taylor; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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