Le Parlement européen réclame 339.000 euros à Marine Le Pen

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    PARIS, 31 octobre (Reuters) - Le Parlement européen réclame 
339.000 euros à Marine Le Pen à la suite d'une enquête de 
l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) sur l'emploi de 
deux assistants parlementaires, a-t-on appris lundi auprès de 
son avocat. 
    Il avait déjà réclamé 320.000 euros à son père Jean-Marie Le 
Pen, exclu du parti mais toujours président d'honneur, et 
d'autres sommes à d'autres eurodéputés mis en cause dans 
l'affaire des assistants parlementaires du Front national. 
    L'Olaf soupçonne la présidente du FN d'avoir fait payer les 
salaires de deux assistants par le Parlement européen alors 
qu'ils travaillaient en réalité pour le parti, selon Mediapart 
et Marianne, qui ont révélé l'information. 
    L'organisme a demandé en août dernier au Parlement européen 
de lancer une procédure de recouvrement à l'encontre de Marine 
Le Pen. 
    Quelques dizaines de milliers d'euros alloués par Bruxelles 
correspondraient à la rétribution de Thierry Légier, embauché 
comme assistant local de la présidente du parti d'extrême droite 
pendant quelques mois à la fin de l'année 2011.  
    Or, à cette date, Thierry Légier, qui a travaillé pendant 
vingt ans comme garde du corps de Jean-Marie Le Pen, assurait la 
protection permanente de la présidente du FN. 
    L'autre partie de la somme provient du salaire alloué à 
Catherine Griset pour son travail d'assistante de Marine Le Pen 
au Parlement européen. Selon Marianne et Mediapart, ce poste 
n'était pas compatible avec celui de secrétaire, puis de chef de 
cabinet de la dirigeante du FN. 
    Me Marcel Ceccaldi, l'avocat de Marine Le Pen, dénonce une 
"manoeuvre politique" de certains dirigeants européens à 
l'approche de l'élection présidentielle française et affirme 
vouloir porter l'affaire devant la Cour de justice de l'Union 
européenne. 
    "Madame Le Pen avait jusqu'au 30 octobre pour faire ses 
observations à un rapport que les différentes instances ont 
refusé de nous communiquer", dit-il à Reuters. 
    "Nous avons des institutions qui bafouent l'ordre européen 
sur un procès équitable, raison pour laquelle nous allons saisir 
la cour de justice", a-t-il ajouté.   
    Selon l'avocat, les griefs faits à Marine Le Pen ne tiennent 
pas. "Comment voulez-vous segmenter le travail des assistants 
d'un député et découper en tranche de chronomètre ses activités, 
a fortiori lorsqu'il s'agit de la présidente d'une formation 
politique de premier plan ?", dit-il. 
    Le Parlement européen avait annoncé en mars 2015 avoir saisi 
l'Office européen de lutte antifraude à propos d'irrégularités 
concernant une vingtaine d'assistants des eurodéputés FN. 
    Certains des assistants mis en cause occupaient des postes 
stratégiques au Front national, conseillant directement Marine 
Le Pen ou Jean-Marie Le Pen. 
    Le parquet de Paris, qui a reçu des éléments de l'Olaf, a 
ouvert de son côté une enquête préliminaire et effectué une 
vague de perquisitions en 2015 et 2016 au siège du FN et au 
domicile et dans les bureaux de Jean-Marie Le Pen. 
    Le vice-président du FN Florian Philippot avait alors accusé 
le Premier ministre, Manuel Valls, d'être à l'origine de cette 
saisie et d'avoir sollicité le président du Parlement, Martin 
Schulz, pour "monter une affaire bidon".  
 
 (Gérard Bon) 
 
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  • M5626052 il y a un mois

    Vu le niveau intellectuel des thèses du FN, qu'un garde du corps soit assistant parlementaire, rien de plus normal. Aucun texte n'interdit de ne rien comprendre au travail que l'on est censé effectuer.