Le Parlement chinois adopte une loi antiterroriste controversée

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 (Précisions sur le texte définitif, avec suppression des 
"backdoors", autorisation des opérations militaires 
antiterroristes extérieures et encadrement de la couverture 
médiatique) 
    PEKIN, 28 décembre (Reuters) - L'Assemblée nationale 
populaire a adopté dimanche une nouvelle loi antiterroriste, 
perçue comme un obstacle aux libertés individuelles par les 
associations de défense des droits de l'homme et à l'étranger. 
    Le texte exige notamment des sociétés de technologie de 
l'information qu'elles permettent aux agences de sécurité 
d'accéder aux données sensibles en leur livrant sur demande 
leurs clés de cryptage.  
    En revanche, l'installation de "chevaux de Troie" ou 
"backdoors", des dispositifs qui permettent au développeur ou à 
un tiers de surveiller ou de prendre le contrôle d'un 
ordinateur, qui était prévue dans une version initiale du projet 
de loi, ne figure pas dans le texte final. 
    Les autorités ont justifié cette législation par la menace 
terroriste auquel le pays fait face selon elles, en particulier 
en raison des troubles dans la région du Xinjiang, dans l'ouest 
de la Chine. 
    Avant même leur adoption, les nouvelles mesures ont suscité 
de vives critiques de la part des entreprises de technologie 
concernées mais aussi aux Etats-Unis, Barack Obama ayant 
directement abordé la question avec son homologue Xi Jinping. 
    Après le vote, Li Shouwei, vice-président de la commission 
parlementaire chargée de traiter ces questions, a expliqué que 
la législation chinoise n'était pas très différente à ses yeux 
de celles en vigueur dans les pays occidentaux. 
    "Ces mesures répondent au besoin de lutter contre le 
terrorisme et sont pour l'essentiel les mêmes que celles 
appliquées dans d'autres grands pays", a-t-il déclaré. 
    D'après lui, elles n'auront aucune incidence sur le 
fonctionnement normal des entreprises de technologie et 
celles-ci ne doivent pas craindre de perdre leurs droits de 
propriété intellectuelle. 
    La loi antiterroriste autorise également l'Armée populaire 
de libération à participer à des opérations antiterroristes à 
l'étranger. 
    An Weixing, chef du département antiterroriste au ministère 
de la Sécurité publique, estime quant à lui que le pays est 
confronté à une menace terroriste sérieuse posée par les forces 
du "Turkestan oriental" -- les autorités désignent ainsi les 
séparatistes du Xinjiang. 
    "Le terrorisme est l'ennemi public de l'humanité et le 
gouvernement chinois s'opposera à toute forme de terrorisme", 
a-t-il dit. 
    Les associations de défense des droits de l'homme jugent que 
le gouvernement chinois surévalue fortement la menace que 
représenteraient les extrémistes de la minorité musulmane 
ouïghoure du Xinjiang pour justifier sa politique répressive. 
    La nouvelle loi restreint enfin la couverture médiatique des 
attentats. Les médias traditionnels et les médias sociaux ne 
pourront publier les détails d'une attaque susceptibles d'être 
utilisés pour monter d'autres opérations du même type ou de 
montrer des scènes "cruelles et inhumaines". 
 
 (Ben Blanchard; Simon Carraud et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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