Le Parlement chinois adopte une loi antiterroriste controversée

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    PEKIN, 27 décembre (Reuters) - L'Assemblée nationale 
populaire, qui tient lieu de parlement en Chine, a adopté 
dimanche une nouvelle loi antiterroriste, perçue comme un 
obstacle aux libertés individuelles par les associations de 
défense des droits de l'homme et à l'étranger. 
    Ce texte exige notamment des sociétés de technologie de 
l'information qu'elles permettent aux agences de sécurité 
d'accéder aux données sensibles des utilisateurs grâce à des 
"chevaux de Troie" ou en leur livrant leurs clés de cryptage. 
    Les autorités ont justifié cette législation par la menace 
terroriste auquel le pays fait face selon elles, en particulier 
en raison des turbulences dans la région du Xinjiang, dans 
l'ouest de la Chine. 
    Avant même leur adoption, les nouvelles mesures ont suscité 
de vives critiques de la part des entreprises de technologie 
concernées mais aussi aux Etats-Unis, Barack Obama ayant 
directement abordé la question avec son homologue Xi Jinping. 
    Après le vote, Li Shouwei, chef adjoint de la commission 
parlementaire chargée de traiter ces questions, a expliqué que 
la législation chinoise n'était pas très différente à ses yeux 
de celles en vigueur dans les pays occidentaux. 
    "Ces mesures répondent au besoin de lutter contre le 
terrorisme et sont pour l'essentiel les mêmes que celles 
appliquées dans d'autres grands pays", a-t-il déclaré. 
    D'après lui, elles n'auront aucune incidence sur le 
fonctionnement normal des entreprises de technologie et 
celles-ci ne doivent pas craindre de perdre leurs droits de 
propriété intellectuelle. 
    An Weixing, chef du département antiterroriste au ministère 
de la Sécurité publique, estime quant à lui que le pays est 
confronté à une menace terroriste sérieuse posée par les forces 
du "Turkestan oriental" -- les autorités désignent ainsi les 
séparatistes du Xingjiang. 
    "Le terrorisme est l'ennemi public de l'humanité et le 
gouvernement chinois s'opposera à toute forme de terrorisme", 
a-t-il dit. 
    Les associations de défense des droits de l'homme jugent que 
le gouvernement chinois surévalue fortement la menace que 
représenteraient les extrémistes de la minorité musulmane 
ouïghoure du Xinjiang pour justifier sa politique répressive. 
 
 (Ben Blanchard; Simon Carraud pour le service français) 
 
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