Le Parlement britannique ne votera pas sur le Brexit, dit May

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 (Ajoute déclarations, réaction de la livre) 
    LONDRES, 12 octobre (Reuters) - La Première ministre 
britannique, Theresa May, a accepté qu'un débat sans vote ait 
lieu au Parlement sur le processus de sortie du Royaume-Uni de 
l'Union européenne.  
    Cette décision a permis à la livre sterling de reprendre 
brièvement des couleurs mercredi après quatre séances 
consécutives de baisse contre le dollar sur fond de craintes 
d'un "Brexit dur", qui priverait la Grande-Bretagne d'un accès 
au marché unique européen.  
    La monnaie britannique a perdu 18% de sa valeur contre la 
devise américaine depuis le vote des Britanniques en faveur d'un 
Brexit le 23 juin dernier.  
    Theresa May prévoit d'invoquer d'ici à la fin mars l'article 
50 du Traité de Lisbonne ouvrant une période de deux ans pour 
fixer les conditions du Brexit, mais elle n'a jusqu'à présent 
guère donné d'indices sur sa stratégie de négociation.  
    La dirigeante conservatrice a cependant décidé d'apaiser la 
grogne couvant au sein même de son parti en approuvant mardi 
soir une motion proposée par l'opposition travailliste pour un 
"débat complet et transparent" sur le processus de sortie de 
l'UE. 
    La chef du gouvernement est, certes, disposée à accorder aux 
parlementaires un droit de regard sur le Brexit mais elle a 
rappelé qu'il appartenait au gouvernement seul de décider quand 
et comment cette procédure de divorce devait être engagée, a 
toutefois souligné mercredi sa porte-parole. 
     
    UN "RÔLE IMPORTANT" POUR LE PARLEMENT, MAIS PAS DE VOTE 
    Theresa May a toujours souhaité que les parlementaires 
jouent un "rôle important" dans le Brexit mais la procédure 
"doit être menée dans le respect de la décision du peuple du 
Royaume-Uni" et ne doit pas affaiblir "la position du 
gouvernement dans les négociations" sur le Brexit, a-t-elle dit. 
    "Il n'y aura pas de vote (au Parlement) sur le déclenchement 
de l'article 50", a conclu la porte-parole. 
    Devant le Parlement, Theresa May a déclaré qu'elle se 
montrerait "ambitieuse" dans les négociations avec les 27 autres 
Etats membres. "Et cela comprendra le meilleur accès possible au 
marché européen pour les entreprises", a-t-elle assuré, des 
propos qui ont contribué à une hausse d'un quart de cent de la 
livre sterling contre le dollar.  
    Des députés du Parti travailliste ont présenté une motion 
demandant un débat général afin que le Parlement "puisse 
examiner correctement le plan du gouvernement (...) avant 
l'invocation de l'article 50". 
    Des parlementaires de l'opposition mais aussi du Parti 
conservateur de Theresa May s'inquiètent de voir le Parlement 
transformé en simple chambre d'enregistrement sur un sujet aussi 
important, au mépris disent-ils des traditions du débat 
démocratique au Royaume-Uni. 
    Mais Theresa May semble soucieuse de ne pas abattre ses 
cartes avant le début des négociations. Elle se contente de dire 
qu'elle veut rendre sa souveraineté à la Grande-Bretagne, 
réduire l'immigration et obtenir les meilleures conditions 
possibles en matière de relations économiques, financières et 
commerciales avec l'Union européenne. 
 
 (Elizabeth Piper, avec Kyle MacLellan et William James, Gilles 
Trequesser et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, 
édité par Marc Angrand) 
 
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