Le paquebot commandé à STX France sauve Saint-Nazaire

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ROYAL CARRIBEAN CRUISES COMMANDE UN PAQUEBOT GÉANT À STX FRANCE
ROYAL CARRIBEAN CRUISES COMMANDE UN PAQUEBOT GÉANT À STX FRANCE

PARIS/NANTES (Reuters) - Les chantiers navals STX France ont annoncé avoir signé un contrat avec l'armateur Royal Caribbean Cruise Line pour la construction d'un paquebot géant, une commande saluée vendredi comme un nouvelle "historique" par le gouvernement.

La construction de navire long de 361 mètres devrait débuter en septembre 2013 et sa livraison est programmée dans le courant de l'année 2016, assurant la pérennité du site de Saint-Nazaire.

Une option sur un deuxième paquebot livré en 2018 a également été posée par le groupe spécialisé dans les croisières, ce qui permet d'assurer la poursuite des activités dans des chantiers navals qui n'avaient plus de commande.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault y a vu "un bel exemple qui redonne de la confiance et de l'espoir".

"C'est trois ans de travail, c'est énorme, et peut-être, si cela se confirme, une commande supplémentaire qui suivra", a-t-il dit vendredi sur RTL. "On est dans un moment historique, puisque c'est le plus grand paquebot du monde qui va être construit. C'est 10 millions d'heures de travail et beaucoup d'espoir pour toute une région."

Mais le gouvernement finlandais, dont les chantiers navals de Turku étaient en concurrence avec ceux de Saint-Nazaire pour la construction de ce paquebot géant, a annoncé vendredi qu'il allait demander à la Commission européenne de vérifier si les règles de concurrence ont été respectées.

"Il est clair que nous allons prendre langue à la fois avec la Commission européenne et avec l'Etat français pour nous assurer qu'ils n'ont pas utilisé des aides d'Etat interdites", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

UN PRÊT ILLÉGAL DE L'ETAT ?

Jan Vapaavuori affirme que le constructeur sud-coréen a demandé à la Finlande un prêt de 50 millions d'euros pour octroyer le contrat d'un milliard d'euros aux chantiers navals de Turku mais qu'Helsinki n'a pas pu aller au-delà de 28 millions d'euros sans violer les règles de concurrence de l'UE.

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a assuré vendredi soir qu'il n'y avait aucune aide illégale.

"Nous avons tout fait pour sauver les chantiers de l'Atlantique dans le respect parfait des règles européennes", a-t-il assuré après un entretien avec François Hollande. "Le gouvernement finlandais fera ce qu'il estime devoir faire."

Jean-Marc Ayrault voit dans ce contrat de l'espoir "pour toute l'industrie française car quand on investit dans l'innovation, la qualité et la performance, il y a un moment où ça finit par payer", ce qui illustre selon lui la pertinence du pacte de compétitivité mis en place par le gouvernement.

Il estime que ce résultat est dû aux efforts conjugués de l'entreprise et du gouvernement, l'Etat étant actionnaire à 33% des chantiers navals de Saint-Nazaire. Le Premier ministre a reçu il y a huit jours les présidents de STX et de l'armateur.

L'annonce de la commande de ce paquebot a également été saluée vendredi par les élus locaux, comme le président (PS) du conseil régional des Pays de la Loire, qui y voit un "véritable ballon d'oxygène pour l'économie nazairienne et régionale".

"Je note avec satisfaction que les leçons de l'épisode des commandes Viking parties en Italie en avril dernier ont été tirées par le gouvernement", estime Jacques Auxiette dans un communiqué. "Bercy s'est largement mobilisé ces dernières semaines pour permettre à STX d'emporter le contrat avec RCI, en proposant une offre financière performante."

Une lettre d'intention de commande de deux paquebots avait en effet été annulée en avril dernier par l'armateur Viking Ocean Cruises, faute d'avoir obtenu un montage financier auprès des banques. La filiale de Viking River Cruises avait finalement fait affaire avec Fincantieri, concurrent italien de STX.

DIVERSIFICATION DANS LES RENOUVELABLES

Le dernier paquebot de cette importance construit à Saint-Nazaire avait été commandé en juin 2010 par une compagnie d'Etat libyenne, avant d'être racheté par MSC suite au gel international des avoirs du régime Kadhafi. Celui-ci devrait être livré à l'armateur italo-suisse en mars prochain.

Depuis cette commande, il ne restait plus aux ex-chantiers de l'Atlantique que celle d'un petit paquebot de luxe pour le compte du croisiériste allemand Hapag Lloyd Cruises et de deux porte-hélicoptères pour la Marine russe.

L'entreprise de construction navale s'est toutefois diversifiée dans les énergies marines renouvelables, et a obtenu récemment la construction d'une sous-station électrique pour une ferme éolienne en mer du Nord.

"Ce contrat ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt", a réagi de son côté la section CGT des chantiers navals, qui réclame que l'Etat attribue à STX la construction de ferries pour le compte de la compagnie de navigation transméditerranéenne SNCM.

"Ce dossier est extrêmement important pour garantir la pérennité de notre site", estime-t-elle dans un communiqué. "A ce titre notre syndicat et celui des marins de la SNCM ont envoyé un courrier au Premier ministre pour exiger la construction rapide de ces ferries à Saint-Nazaire."

L'Etat français est actionnaire minoritaire au sein des chantiers navals de Saint-Nazaire, détenus majoritairement par une filiale du constructeur naval sud-coréen STX Shipbuilding, tout comme il l'est au sein de la SNCM.

Catherine Monin, Agathe Machecourt et Yves Clarisse, avec Guillaume Frouin à Nantes, édité par Yves Clarisse

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  • dhote le vendredi 28 déc 2012 à 21:10

    L'avenir répondra à sa place.

  • bordo le vendredi 28 déc 2012 à 21:08

    Et oui, si il le dit, c'est que c'est vrai. Il n'y a que des esprits chagrins qui pourraient penser le contraire, hein.

  • fernan.p le vendredi 28 déc 2012 à 18:39

    Pierre Moscovici, a assuré vendredi soir qu'il n'y avait aucune aide illégale, donc aucun problème !