Le "Papy boom" va connaître son pic en 2017

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Nombre exceptionnel de départs à la retraite, le Papy boom est une conséquence connue du Baby boom de l'après-guerre et de l'allongement de l'espérance de vie. Le phénomène perdure depuis 2006 et devrait connaitre son apogée l'année prochaine. Avec un danger critique pour l'équilibre des retraites et leur financement, ainsi que pour les dépenses de santé qui risquent d'exploser.

Pic de la retraite anticipée
Pic de la retraite anticipée

Le phénomène "Papy boom"

En 2050, le nombre d'européens de plus de 80 ans est appelé à doubler. En France en 2060, une personne sur trois aura plus de 60 ans, soit 10 millions de personnes de plus qu'en 2007. Ces projections révélées par l'INSEE ont plusieurs causes. Cette surpopulation de personnes agées est d'abord dûe au passage au 3ème âge des individus du Baby boom d'après-guerre. De plus, l'espérance de vie n'a cessé de s'allonger depuis 1969, elle est aujourd'hui en France de 78,9 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes. Autant de retraites ou de futurs retraites qu'il faut financer. Un vrai casse-tête car la natalité de son côté ne fait que décroître, la France étant à son plus bas niveau de naissances depuis 10 ans. L'hexagone reste pourtant un des pays européens les plus féconds avec 1,96 enfants par femme. Un bon chiffre malgré tout insuffisant pour compenser ce papy boom.

Conséquences sur les retraites

Le système français des retraites (comme dans la plupart des pays) est basé sur la répartition. Ce qui signifie que les cotisations des actifs sont redistribuées pour financer les retraites. Ce système fonctionnait très bien avec l'essor démographique d'après-guerre, mais il trouve aujourd'hui sa limite avec le Papy boom. Le vieillissement de la population entraine à la fois un nombre plus faible de cotisants et des dépenses plus importantes pour servir des pensions toujours plus nombreuses. De plus le taux de retraite lui-même est plus important pour les populations qui arrivent aujourd'hui (et demain) à la fin de leur activité. Par ailleurs l'allongement de la durée de la vie active augmente encore le taux de prise en charge; et l'allongement de l'espérance de vie entraîne forcément une prise en charge plus longue.

Conséquences sur les dépenses de santé

Même si le niveau et la qualité de vie se sont considérablement améliorés, les dépenses de santé n'ont cessé d'augmenter. En 2015, elles représentaient 11,6% du PIB, contre 5,4 en 1970. Sur l'ensemble de l'Union Européenne, elles représentent 7,1% du PIB et atteindraient 8,6% en 2060, soit une hausse de 20% si le système ne change pas. Selon un rapport de l'école d'économie de Paris, un autre scénario, dit de healthy ageing (vieillissement en bonne santé) ramenerait ce taux à 7,6% du PIB.
A cela s’ajoute le problème de la dépendance des personnes agées. La France consacre aujourd'hui 24 milliards d'euros, soit 1% de la richesse nationale, aux dépenses de prise en charge de la perte d'autonomie. En 2060, cette somme passerait à 35 milliards selon un rapport du ministère des affaires sociales et de la santé, soit 1,77% du PIB. Sans compter les dépenses à la charge des ménages qui sont à l'heure actuelle estimées à 7,2 milliards d'euros et qui devraient doubler à l'horizon 2060.

Trucs et astuces

Selon les chiffres de l'INSEE, dans 50 ans, la France pourrait compter 200 000 centenaires, soit 13 fois plus qu'aujourd'hui. Et si la qualité de vie est encore meilleure qu'en 2016, ils pourraient être 380 000 en 2060.
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  • M7991925 il y a une semaine

    De plus, ces retraités ont fait la richesse de la France, ils ont souvent travaillé dur, parfois jusqu'à 48h/semaine, et Maintenant, après de longues années de cotisations on voudrait les spolier de leurs droits.La solution c'est la retraite par points, chacun retrouvera ce qu'il a versé !

  • M7991925 il y a une semaine

    Gouverner c'est prévoir, et cette pyramide des âges est connue depuis plus de 50 ans ! Les gouvernants successifs n'en ont pas tenu compte, laissant la patate chaude au suivant ! Pas étonnant que tous ces retraités soient en colère !