Le pape rencontre Fidel Castro au terme de sa visite à Cuba

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LE PAPE RENCONTRE FIDEL CASTRO AU TERME DE SA VISITE À CUBA
LE PAPE RENCONTRE FIDEL CASTRO AU TERME DE SA VISITE À CUBA

par Philip Pullella et Jeff Franks

LA HAVANE (Reuters) - Au troisième et dernier jour de sa visite à Cuba, Benoît XVI a célébré mercredi une messe en plein air devant 300.000 personnes dans le centre de La Havane avant de rencontrer Fidel Castro, écarté du pouvoir par la maladie il y a quatre ans.

Le pape et le père de la Révolution cubaine, âgés respectivement de 84 et 85 ans, se sont entretenus pendant une trentaine de minutes à la nonciature apostolique de la Havane.

Fidel Castro a assuré à son interlocuteur qu'il avait suivi toute sa visite à la télévision, selon le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican. Les deux hommes ont en outre évoqué la liturgie catholique et la science, ainsi que l'actualité internationale.

"Castro a demandé au Pape : 'Que fait un pape ?', et le pape lui a parlé de son ministère, de ses déplacements et de son rôle au service de l'Eglise", a poursuivi le père Lombardi.

L'ex-chef de l'Etat l'a ensuite invité à lui conseiller un livre, ce que Benoît XVI a promis de faire.

Il avait auparavant célébré une messe sur la place de la Révolution, là-même où Fidel Castro avait pour habitude de prononcer des harangues de plusieurs heures.

Entouré d'immenses portraits de héros de la révolution - le Che et Camilo Cienfuegos -, le souverain pontife a lu un sermon illustrant les thèmes qu'il décline depuis le début de sa visite, à savoir que Cuba doit construire une société plus ouverte, fondée sur la vérité, la justice et la réconciliation.

"La vérité est une aspiration de l'être humain, dont la recherche suppose toujours l'exercice d'une authentique liberté", a-t-il dit à la foule.

S'en prenant manifestement au marxisme, il a estimé que certains "interprètent à mauvais escient cette quête de vérité, ce qui les mène à l'irrationnel et au fanatisme; ils s'enferment dans 'leur vérité' et cherchent à l'imposer aux autres".

Benoît XVI a reconnu "avec joie" de grandes améliorations depuis la visite de Jean Paul II à Cuba en 1998. "Néanmoins, cela doit se poursuivre et je souhaite encourager les autorités gouvernementales à renforcer ce qui a été déjà obtenu et à s'engager à servir réellement le bien de la société cubaine dans son ensemble", a-t-il continué.

VENDREDI SAINT

Le chef de l'Eglise catholique, qui est désireuse de jouer un rôle accru dans l'évolution de la société cubaine, s'était entretenu mardi pendant une heure avec Raul Castro, frère cadet de Fidel qu'il a remplacé à la tête de l'Etat. Benoît XVI lui a demandé de faire du vendredi saint, jour où les chrétiens commémorent la crucifixion du Christ, une fête nationale.

Avant la visite de Jean Paul II en 1998, Fidel Castro avait rétabli le caractère férié du jour de Noël, une mesure qui avait contribué à améliorer les relations longtemps tendues entre l'Eglise et le pouvoir communiste de l'île.

Fidel Castro a annoncé mardi dans ses "réflexions" publiées sur internet qu'il rencontrerait brièvement Benoît XVI avant que ce dernier ne reprenne le chemin de Rome.

"C'est avec plaisir que je saluerai Son Excellence le pape Benoît XVI, comme j'avais salué Jean Paul II", écrit-il. Il ajoute avoir sollicité un entretien de "quelques minutes" dans l'emploi du temps très chargé du souverain pontife après "avoir appris de la bouche de notre ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez que le pape apprécierait un contact simple et discret".

Mardi, lors d'un pèlerinage à la basilique de la Vierge de la charité d'El Cobre, patronne de l'île, le pape avait prié pour tous ceux qui sont "privés de liberté", allusion apparente aux prisonniers politiques.

Au pied de la Sierra Maestra, premier refuge des "barbudos" dans les années 1950, il a dit avoir "confié à la mère de Dieu l'avenir de l'île, sur la voie du renouveau et de l'espoir, pour le plus grand bien de tous les Cubains".

Il a prié devant la petite statue en bois de la Vierge à l'enfant, découverte en mer par des pêcheurs il y a tout juste 400 ans, en 1612, et vénérée depuis lors par les croyants.

Henri-Pierre André, Guy Kerivel, Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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