Le pape prône un examen au cas par cas des divorcés et remariés

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    par Philip Pullella 
    CITE DU VATICAN, 8 avril (Reuters) - Le pape François a 
souhaité vendredi que l'Eglise catholique fasse preuve de 
compréhension et de compassion à l'égard des couples divorcés et 
remariés, dont les situations doivent être appréciées au "cas 
par cas" en vue d'une réintégration dans la communauté des 
fidèles. 
    Dans son exhortation apostolique intitulée "Amoris Laetitia" 
(La Joie de l'amour), François réaffirme la doctrine de l'Eglise 
en matière familiale mais plaidant pour une forme de souplesse, 
il rappelle que "personne ne peut être condamné définitivement". 
    Dans ce long texte de 260 pages qui fait suite à deux 
synodes sur la famille en 2014 et 2015, le souverain pontife 
cite le militant des droits civiques Martin Luther King, le 
poète argentin Jorge Luis Borges ou encore le film danois de 
Gabriel Axel, "Le Festin de Babette", à l'appui de son plaidoyer 
de tolérance. 
    Cette exhortation était attendue par les catholiques 
divorcés et remariés civilement car elle pourrait ouvrir la voie 
à leur pleine réintégration dans l'Eglise. 
    La doctrine actuelle veut que les fidèles divorcés ne 
puissent recevoir la communion s'ils n'ont pas renoncé à toute 
relation sexuelle avec leur nouveau partenaire, échappant ainsi 
au péché d'adultère. Aux yeux de l'institution, l'union 
religieuse qu'ils ont contractée demeure valide bien qu'elle ait 
été dissoute par le pouvoir civil. 
    Un second mariage ne peut être admis par l'Eglise qu'après 
annulation du premier, décision religieuse exigeant certaines 
conditions comme l'absence de maturité psychologique ou de libre 
consentement. 
    "Personne ne peut être condamné définitivement parce que ce 
n'est pas la logique des Évangiles", écrit François. "Je ne 
parle pas seulement ici des divorcés et des remariés mais de 
tous, quelle que soit la situation dans laquelle ils se 
trouvent". 
     
    CAS PARTICULIERS 
    Dans son exhortation, le pape semble reprendre à son compte 
la proposition progressiste d'un "forum interne" dans lequel un 
fidèle divorcé et remarié et un prêtre ou un évêque 
examineraient ensemble, en privé et au cas par cas, comment peut 
être accomplie la réintégration dans l'Eglise et rétablie la 
communion. 
    Le Saint-Père exclut "de fournir un nouvel ensemble de 
règles générales applicables à tous les cas", mais prône "un 
discernement responsable, personnel et pastoral des cas 
particuliers". 
    François n'autorise pas explicitement cette réintégration 
des catholiques remariés mais, comme le note le père James 
Bretzke, professeur de théologie morale au Boston College, il 
est raisonnable de conclure "qu'il dit que c'est une 
possibilité". 
    "S'il n'ouvre pas la porte, au moins il vous indique que la 
clé se trouve sous le paillasson", ajoute le religieux. 
    François explique également comprendre la position des 
conservateurs qui préfèrent une attitude plus rigoureuse, "ne 
laissant pas de place à la confusion". Mais, précise-t-il, 
l'Eglise doit se montrer plus attentive au bien que l'on peut 
trouver "au milieu de la faiblesse humaine". 
    "L'Eglise se tourne avec amour vers ceux qui participent de 
manière imparfaite à sa vie", écrit-il. 
    Pour l'auteur catholique conservateur américain, George 
Weigel, cette exhortation est moins une ouverture à l'adresse 
des divorcés et remariés qu'un "appel à l'Eglise pour qu'elle se 
montre plus imaginative dans l'intégration des fidèles en 
situation difficile".   
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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