Le pape François juge Noël "pris en otage" par le matérialisme

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    par Philip Pullella 
    VATICAN, 25 décembre (Reuters) - Le pape François a prononcé 
samedi une homélie de Noël dans laquelle il a dénoncé la "prise 
en otage" de la fête par un matérialisme qui obscurcit son 
message et rend indifférent aux besoins des migrants et de ceux 
épuisés par les guerres. 
    Pour la quatrième homélie de Noël de son pontificat, le pape 
a appelé les quelques 1,2 milliard de catholiques du monde à 
mettre à distance l'égocentrisme, à ne pas laisser les cadeaux 
prendre la première place et à se montrer plus humble. 
    "Si nous voulons fêter le vrai Noël, contemplons ce signe : 
la simplicité fragile d'un petit nouveau-né, la douceur de son 
être couché, la tendre affection des langes qui l'enveloppent. 
Là est Dieu", a dit le pape aux catholiques depuis la basilique 
Saint-Pierre. 
    Lors d'une cérémonie solennelle mais gaie, à laquelle ont 
pris part environ 10.000 fidèles ainsi que des dizaines de 
cardinaux et d'évêques, le pape a jugé nécessaire de rappeler le 
message d'humilité, de simplicité et de mystère de Noël. 
    "Jésus est né dans le refus de certains et dans 
l'indifférence de la plupart", a-t-il dit.  
    "Aujourd'hui aussi il peut y avoir la même indifférence, 
quand Noël devient une fête où les protagonistes sont nous, au 
lieu de Lui ; quand les lumières du commerce jettent dans 
l'ombre la lumière de Dieu ; quand nous nous donnons du mal pour 
les cadeaux et restons insensibles à celui qui est exclu".  
    Il a ensuite ajouté une remarque improvisée : "Ces manières 
du monde ont pris Noël en otage. Il faut l'en libérer." 
    La sécurité a été renforcée en Italie pour le week-end de 
Noël au lendemain de la mort sur son territoire de l'auteur 
présumé de l'attaque au camion-bélier qui a fait 12 morts le 19 
décembre à Berlin.   
    La place Saint-Pierre a été vidée six heures avant le début 
de la messe de Noël dans la Basilique afin de mettre en place 
des mesures de sécurité encadrant l'entrée des fidèles. 
    Le pape François, qui a fait de la défense des pauvres la 
marque de son pontificat, a dit que l'image de l'enfant Jésus 
devait rappeler aux croyants toutes les personnes dans la 
souffrance, et particulièrement les enfants. 
    "Laissons-nous interpeller par l'Enfant dans la mangeoire, 
mais laissons-nous interpeller aussi par des enfants qui, 
aujourd'hui, ne sont pas couchés dans un berceau et caressés par 
la tendresse d'une mère et d'un père, mais qui gisent dans les 
sordides 'mangeoires de la dignité' : dans le refuge souterrain 
pour échapper aux bombardements, sur les trottoirs d'une grande 
ville, au fond d'une embarcation surchargée de migrants". 
    Des milliers de personnes qui n'avaient pu entrer dans la 
basilique étaient rassemblées devant et regardaient la messe de 
Noël sur des écrans géants. 
    "Laissons-nous interpeller par les enfants qu'on ne laisse 
pas naître, par ceux qui pleurent parce que personne ne rassasie 
leur faim, par ceux qui ne tiennent pas dans leurs mains des 
jouets, mais des armes", a poursuivi le souverain pontife.  
    Dimanche, le jour de Noël, le pape prononcera du haut du 
balcon de la basilique sa bénédiction bisannuelle "Urbi et Orbi" 
("À la ville et au monde"). 
 
 (Julie Carriat pour le service français) 
 
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