Le pape François dénonce le creusement des inégalités

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par Philip Pullella et Ju-min Park SEOUL, 16 août (Reuters) - Le pape François a célébré samedi une grande messe en plein air dans le centre de Séoul lors de laquelle il a dénoncé le fossé croissant entre les riches et ceux qui n'ont rien, appelant ceux qui vivent dans des milieux aisés à écouter "le cri du pauvre". Devant une foule immense, le chef de l'Eglise catholique a béatifié 124 martyrs coréens qui ont été tués pour avoir refusé d'abjurer leur foi chrétienne aux XVIIIe et XIXe siècles. La béatification est l'étape préalable à la canonisation qui permet d'être déclaré saint. Pour François, les gens d'aujourd'hui doivent s'inspirer du courage et de la charité de ces martyrs qui ont rejeté les structures sociales rigides de leur temps. "Leur exemple a beaucoup à nous dire, à nous qui vivons dans des sociétés où, à côté d'une immense richesse, la pauvreté extrême croît silencieusement, où le cri du pauvre est rarement écouté et où le Christ continue de nous appeler, de nous demander de l'aimer et de le servir en s'occupant de nos frères et soeurs dans le besoin", a dit le pape. Le pape ne cesse de reprendre ce thème depuis son arrivée jeudi en Corée du Sud pour son premier voyage en Asie depuis son élection en mars 2013. C'est aussi un leitmotiv de son pontificat. Grâce à une forte croissance économique, la Corée du Sud est devenue l'un des pays les plus riches au monde, mais c'est aussi un pays inégalitaire : près de la moitié des personnes âgées vivent dans la pauvreté. Jorge Mario Bergoglio a dit la messe d'une plate-forme blanche servant d'autel installée en face de la porte de Gwanghwa, où certains de ceux qui ont été béatifiés samedi par François ont été tués sous la dynastie Chosun. Lors de la procession vers l'autel, le pape s'est arrêté pour prier avec les familles des victimes du naufrage du ferry Sewol. L'une d'elles lui a tendu une lettre et a dit : "s'il vous plaît, n'oubliez-pas." Le Sewol a chaviré et coulé le 16 avril dernier lors d'un de ses trajets habituels, faisant plus de 300 morts, pour la plupart des lycéens. L'histoire du christianisme en Corée est particulièrement. Il n'a pas été fondé par des missionnaires venu d'Occident. La religion est parvenue à la péninsule parce que des intellectuels coréens de la fin du XVIIIe siècle en avaient entendu parler via la littérature venue de Chine. Ils ont ensuite développé leur propre communauté. Les catholiques, de plus en plus nombreux en Corée du Sud, représentent 11% de la population. (Avec Kahyun Yang; Danielle Rouquié pour le service français)

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