Le pape François attendu à la mosquée d'un quartier de Bangui

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    BANGUI, 30 novembre (Reuters) - Le pape François doit, au 
terme de sa tournée dans trois pays d'Afrique noire, se rendre 
ce lundi à la mosquée d'un quartier musulman de Bangui, la 
capitale centrafricaine, pour tenter de réconcilier les 
communautés religieuses de ce pays secoué depuis trois années 
par les violences. 
    Apaiser les tensions entre chrétiens et musulmans a été l'un 
des objectifs de la première visite du souverain pontife sur ce 
continent, qui l'a conduit au Kenya puis en Ouganda. 
    Mais c'est en République centrafricaine que ses efforts en 
faveur de la paix et de la réconciliation sont le plus 
d'actualité, car les violences ont fait dans ce pays des 
milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés 
depuis la prise de Bangui par les rebelles de la Seleka au début 
2013. 
    La visite de 48 heures de François dans cette ancienne 
colonie française se déroule sous haute sécurité et sur fond de 
regain de troubles. Les assassinats et les représailles dans et 
aux abords de l'enclave PK5, l'une des zones les plus 
dangereuses de Bangui, ont fait au moins 100 morts depuis la fin 
septembre, selon l'ONG Human Rights Watch. 
    PK5, où ont trouvé refuge la plupart des musulmans qui n'ont 
pas fui la capitale, est isolé du reste de la ville depuis deux 
mois. Lundi, le pape doit franchir le no man's land de 300 
mètres, par lequel les miliciens chrétiens anti-balaka empêchent 
l'approvisionnement de PK5 et interdisent aussi aux musulmans 
d'en sortir. 
    "Nous vivons dans une prison en plein air", déplorait 
récemment Ahmadou Tidjane Moussa Naibi, imam de la mosquée où 
François est attendu ce lundi. 
    "Nous sommes privés de tout. Nous n'avons pas accès à 
l'hôpital. Nous n'avons pas accès à l'éducation. Nous ne pouvons 
même pas nous rendre à nos cimetières", déclarait-il. 
    La communauté chrétienne, majoritaire en Centrafrique, comme 
la communauté musulmane se félicitent de la visite du pape et 
espèrent qu'elle permettra de relancer le dialogue et 
contribuera au retour de la paix. 
    Dimanche, François est allé aux devants des quelque 4.000 
réfugiés installés dans un camp de Bangui, chassés de chez eux, 
pour la plupart, par des musulmans en armes. Un peu plus tôt, à 
sa descente d'avion, il avait été conduit au palais présidentiel 
où il s'était entretenu avec la présidente par intérim, 
Catherine Samba-Panza, et avait appelé à "l'unité dans la 
diversité". Il a d'autre part célébré la messe dans la 
cathédrale Notre-Dame de Bangui, là même où des miliciens 
musulmans avaient tué 15 personnes dans une attaque en mai 2014. 
 
 (Joe Bavier; Eric Faye pour le service français) 
 
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