Le pape François à Sarajevo pour appeler à la réconciliation

le , mis à jour à 11:36
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* Brève visite d'une journée, la première pour François * Le pape Jean Paul II s'était rendu deux fois en Bosnie * La Bosnie encore en proie aux divisions ethniques et religieuses SARAJEVO, 6 juin (Reuters) - Le pape François est arrivé samedi à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, pour lancer un appel à la réconciliation dans un pays toujours en proie aux divisions ethniques et religieuses, 20 ans après la fin de la guerre civile. Ce séjour de 24 heures est la troisième visite effectuée par un pape en Bosnie depuis la fin d'un conflit qui a fait 100.000 morts entre 1992 et 1995. Plusieurs milliers de personnes devaient assister en fin de matinée à une messe dite par François dans le stade Koevo de Sarajevo. Il y a 18 ans, en 1997, le pape Jean Paul II avait appelé au "courage du pardon" dans les ruines de la ville. Ce dernier s'était également rendu en Bosnie en 2003, à Banja Luka. "Sarajevo est appelée la Jérusalem de l'Occident", a déclaré François aux journalistes qui se trouvaient à bord de son avion. "C'est une ville de cultures ethniques et religieuses très différentes", a-t-il ajouté en soulignant que la ville avait "beaucoup souffert" durant une grande partie de son histoire. "Maintenant, elle est sur un beau chemin de paix, a déclaré le chef de l'église catholique. "Je fais ce voyage pour parler de tout cela, comme un signe de paix et une prière pour la paix." L'arrivée du souverain pontife intervient quelque jours après l'entrée en vigueur d'un accord historique qui vise à renforcer les liens entre l'Union européenne et la Bosnie, première étape vers une possible adhésion du pays à l'UE. Les catholiques de Bosnie, qui sont pour la plupart des Croates, représentent 15% des 3,8 millions d'habitants du pays, qui est constitué de deux entités principales, la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (peuplée de Croates et de Bosniaques) et la République serbe de Bosnie (Republika Srpska). Les catholiques partagent le pouvoir avec les musulmans bosniaques et les Serbes orthodoxes via un système compliqué de quotas ethniques mis en place dans le cadre des accords de paix de Dayton conclus aux Etats-Unis en 1995. Les Bosniaques souhaiteraient un Etat plus fort et centralisé, tandis que les Serbes menacent de faire sécession. Les nationalistes croates appellent à la création de leur propre entité au sein de la Bosnie parce qu'ils estiment que leurs droits sont menacés. (Philip Pullela et Daria Sito-Sucic; Danielle Rouquié pour le service français)

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