Le pape en Turquie pour appeler à la tolérance religieuse

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PREMIÈRE VISITE DU PAPE EN TURQUIE
PREMIÈRE VISITE DU PAPE EN TURQUIE

par Nick Tattersall et Ece Toksabay

ISTANBUL (Reuters) - Le pape François a entamé vendredi une visite en Turquie, avec la mission délicate de renforcer les liens avec les dignitaires musulmans tout en condamnant les violences qui visent les chrétiens et autres minorités au Moyen-Orient.

François va passer trois jours à Ankara et Istanbul pour sa première visite pontificale dans ce pays majoritairement musulman.

La tolérance religieuse et la lutte contre l'extrémisme figureront en tête de l'ordre du jour de ses discussions dans la capitale avec le président Recep Tayyip Erdogan ainsi qu'avec Mehmet Gormez, le plus haut dignitaire religieux musulman du pays qui, de par sa Constitution, est une nation laïque.

La Turquie héberge sur son sol près de deux millions de réfugiés, dont des milliers de chrétiens, qui ont afflué de Syrie depuis le début du conflit dans ce pays en mars 2011.

A Istanbul, le chef de l'Eglise catholique sera reçu par le patriarche oecuménique Bartholomée, primat de l'Église orthodoxe de Constantinople.

Ils devraient lancer des appels conjoints en faveur du respect des droits de l'homme et de la liberté de culte, et faire part de leur crainte de voir le christianisme disparaître de ses berceaux proche-orientaux, a déclaré le révérend Dositheos Anagnostopoulos, porte-parole du patriarcat.

La minorité chrétienne de Syrie représentait autour de 10% des 22 millions d'habitants du pays avant le début de la guerre civile. En Irak, la population chrétienne a diminué de près de 70% depuis l'offensive militaire lancée en 2003 par les Américains et les Britanniques pour faire tomber la dictature de Saddam Hussein.

Mardi, le pape François estimait que, s'il est "pratiquement impossible" de nouer un dialogue avec les insurgés de l'Etat islamique (EI), qui à la faveur de leur gains territoriaux cette année en Syrie et en Irak ont proclamé l'instauration d'un "califat", la porte ne devait pas pour autant être fermée.

POLEMIQUE SUR LE "PALAIS BLANC"

Le voyage en Turquie est le troisième effectué par François dans un pays majoritairement musulman, après la Jordanie et l'Albanie. Le pape, a déclaré Anagnostopoulos, pourrait aller prier à Istanbul à l'intérieur de la basilique Sainte-Sophie, érigée sous l'Empire byzantin avant d'être transformée en mosquée par les Ottomans après la chute de Constantinople.

Officiellement, désormais, Sainte-Sophie a le statut de musée, mais une telle démarche de la part du pape pourrait déranger certains musulmans qui aimeraient voir l'édifice redevenir une mosquée.

Une polémique est née de même sur le lieu où François rencontrera le président Erdogan, élu à la tête de l'Etat en août dernier. Le pape doit être le premier hôte de marque à être reçu dans le flambant neuf "palais blanc" du chef de l'Etat.

Cet immense bâtiment d'un millier de pièces, inauguré en octobre, s'élève sur un terrain anciennement boisé légué à l'Etat par Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République de Turquie.

Pour ses opposants, cette immense structure à colonnes, dotée d'atriums et dont le sol est dallé de marbre, symbolise l'extravagance et la nature autocratique d'Erdogan. Des architectes turcs ont-ils adressé une lettre au pape pour lui demander de ne pas honorer l'invitation à se rendre dans cet édifice.

Plusieurs injonctions de justice bloquant le chantier, surnommé "Palais blanc", n'ont pas permis d'arrêter les travaux, ce qui a provoqué la colère des écologistes pour qui ce chantier prive la capitale de l'un de ses derniers espaces verts.

(Eric Faye pour le service français)

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  • LeRaleur le vendredi 28 nov 2014 à 15:50

    Pauvre Papounet, t'as toujours rien compris au Coran. L'as-tu lu au moins, et TOUTES les sourates ? Mon Papounet, sache qu'Erdogan est en train de détruire tout Atatürk.