Le pape en Cisjordanie, étape délicate de sa tournée

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LA CISJORDANIE, ÉTAPE DÉLICATE DE LA TOURNÉE DU PAPE
LA CISJORDANIE, ÉTAPE DÉLICATE DE LA TOURNÉE DU PAPE

par Crispian Balmer

BETHLEEM Cisjordanie (Reuters) - Le pape François est arrivé dimanche en Cisjordanie pour l'étape la plus délicate de sa tournée de trois jours au Proche-Orient.

Les responsables de l'Eglise catholique ont beau affirmer que cette tournée, qui a débuté samedi en Jordanie, porte uniquement sur des thèmes religieux, il paraît difficile pour le souverain pontife d'échapper au contexte politique lié au conflit israélo-palestinien et chacun de ses mots risque d'être scrupuleusement analysé.

En allant directement par hélicoptère à Bethléem, François est devenu le premier pape contemporain à se rendre en Cisjordanie sans transiter au préalable par Israël. Cette décision a été saluée par les Palestiniens comme une reconnaissance de leur quête d'un Etat souverain.

Il doit célébrer une messe sur la place de la Mangeoire, proche de ce que les chrétiens considèrent comme le lieu de naissance de Jésus.

Les Palestiniens ont accordé un soin particulier aux symboles. Ils ont installé à Bethléem une fresque représentant Jésus et son père Joseph tous deux coiffés d'un keffieh noir et blanc identique à celui de leur défunt président Yasser Arafat.

Ils ont aussi placardé à travers la ville des images comparant le vécu des Palestiniens aux souffrances endurées par Jésus et les autorités ont fait en sorte que le pape ne puisse ignorer la barrière israélienne séparant Bethléem de l'Etat hébreu en se rendant dans un camp de réfugiés palestiniens.

Israël affirme que ce mur est nécessaire pour empêcher les attentats sur son territoire.

SÉCURITÉ

La visite pontificale survient alors que les négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens sont de nouveau dans une impasse.

Le Vatican est favorable au principe de la coexistence pacifique de deux Etats et François a appelé samedi à une "solution juste" au conflit. Il devrait s'en tenir à ce langage neutre lors de son séjour dans les territoires palestiniens et en Israël.

Lors de son étape en Jordanie, le pape a aussi plaidé pour la paix en Syrie et, en se démarquant de son texte initial, il a aussi épinglé l'industrie de l'armement.

François devrait passer environ six heures à Bethléem avant de se rendre en Israël. Pour éviter tout faux-pas diplomatique, il n'effectuera pas le court trajet par la route pour gagner Jérusalem, dont la partie orientale a été annexée par Israël après la guerre des Six-Jours en 1967. Il se rendra par hélicoptère à Tel Aviv et prendra ensuite un autre hélicoptère pour Jérusalem, ville aux multiples lieux saints pour les juifs, les chrétiens et les musulmans.

Dans la basilique du Saint-Sépulcre, il assistera à une célébration oecuménique à l'occasion du 50e anniversaire de la rencontre à Jérusalem entre son prédécesseur Paul VI et le patriarche Athénagoras, qui avait symbolisé une réconciliation entre catholiques et orthodoxes séparés depuis le schisme de 1054.

La volonté de François de ne pas utiliser de véhicule blindé pour ce séjour de 24 heures à Jérusalem a amené les services de sécurité israéliens à interdire d'accès de nombreuses rues par crainte d'une attaque contre le souverain pontife.

(Avec Philip Pullella; Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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