Le pape en Asie, la relation avec Pékin pourrait se "détendre"

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CITE DU VATICAN, 13 août (Reuters) - Le pape François, qui débute mercredi un déplacement en Corée du Sud, a été autorisé à survoler la Chine, où le gouvernement interdit aux catholiques de reconnaître son autorité, ce qui n'avait pas été accordé à Jean-Paul II. Le souverain pontife doit quitter Rome mercredi pour la Corée du Sud, où il présidera un rassemblement de jeunes catholiques asiatiques. Comme lors de chaque déplacement, le pape envoie un message aux dirigeants des pays des espaces aériens qu'il traversera et cette fois-ci les attentes d'une possible réponse chinoise laissent espérer un retour au dialogue entre le Vatican et Pékin. Le fait que François ait été autorisé à pénétrer l'espace aérien chinois est un "signe de détente" pour le père Bernardo Cervellera, directeur de l'agence de presse Asia News basée à Rome et spécialiste de l'Église catholique en Chine. "Le véritable miracle serait que (le président chinois) Xi Jinping réponde au message (envoyé par le pape) et ce qu'il contiendrait", ajoute toutefois le religieux. Le Vatican n'a pas eu d'échange officiel avec la Chine depuis 1949, peu après la prise du pouvoir par le Parti communiste chinois (PCC). Lors de ses déplacements en Asie, Jean-Paul II avait dû contourner l'espace aérien chinois. La population catholique chinoise se divise en deux communautés : l'"officielle" connue sous le nom d'Association patriotique catholique chinoise, reconnue par le PCC, et celle qui reconnaît le pape comme la plus haute autorité catholique. "Le Saint-Siège plaide pour un dialogue respectueux et constructif avec les autorités afin de trouver une solution aux problèmes qui limitent la pratique complète de la foi par les catholiques et pour garantir une atmosphère de réelle liberté de culte", a déclaré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, à un magazine catholique italien. Le Vatican envoie des messages d'appaisement à Pékin depuis des décennies mais la reconnaissance par le Saint-Siège de Taïwan, que la Chine considère comme une province rebelle, reste un obstacle majeur à un retour du dialogue. La dénonciation par des missionnaires et des groupes d'aide humanitaire d'une répression effectuée par les autorités chinoises sur des bénévoles chrétiens à la frontière nord-coréenne ces derniers mois constitue un autre point de friction. L'action chinoise à la frontière nord-coréenne est perçue comme une volonté de Pékin de fermer ses portes aux ressortissants de Corée du Nord qui fuient le régime autoritaire et la pauvreté en entrant illégalement en Chine pour ensuite rejoindre d'autres nations, telles que la Corée du Sud. (Philip Pullella; Agathe Machecourt pour le service français)

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