Le pape demande aux dirigeants arabes de défendre la paix

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À BEYROUTH, BENOÎT XVI APPELLE LES DIRIGEANTS ARABES À DÉFENDRE LA PAIX
À BEYROUTH, BENOÎT XVI APPELLE LES DIRIGEANTS ARABES À DÉFENDRE LA PAIX

par Erika Solomon et Tom Heneghan

BEYROUTH (Reuters) - Benoît XVI a invité dimanche les dirigeants arabes à oeuvrer pour la paix et la réconciliation, lors d'une messe en plein air à laquelle participaient 350.000 fidèles à Beyrouth, la capitale libanaise, située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec la Syrie, pays en proie à une guerre civile.

"Puisse Dieu concéder à votre pays, à la Syrie et au Moyen Orient tout entier le don de la paix des coeurs, le silence des armes et l'arrêt de toute violence", a déclaré Benoît XVI, âgé de 85 ans, dans une prière qui a suivi la messe, prononcée au dernier jour de sa visite pontificale entamée vendredi.

"J'en appelle aux pays arabes afin qu'en frères, ils proposent des solutions viables qui respectent la dignité de chaque personne, ses droits et sa religion", a poursuivi le pape, lors de ce rassemblement sur le front de mer auquel participaient des représentants politiques des communautés chrétiennes et musulmanes du Liban, y compris les chiites du Hezbollah, alliés de Bachar al Assad.

Le conflit en Syrie a fait 27.000 morts, selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), une organisation basée à Londres et proche de l'opposition.

Peu de chrétiens, qui représentent environ 10% de la population syrienne, se sont joints au soulèvement, majoritairement sunnite, contre Bachar al Assad, par crainte que son renversement ne porte au pouvoir un gouvernement qui ne leur soit pas favorable.

"CORTÈGE DE MORT ET DE DESTRUCTION"

Benoît XVI, qui avait estimé à son arrivée au Liban, vendredi, que les livraisons d'armes à la Syrie étaient un "grave pêché", a centré son intervention de dimanche sur la nécessité pour les chrétiens de la région d'oeuvrer pour la paix.

"Servir la justice et la paix, dans un monde où la violence ne cesse d'étendre son cortège de mort et de destruction, est une urgence afin de s'engager pour une société fraternelle", a insisté le pape lors de la messe célébrée face à une foule rassemblée en plein soleil, par plus de 30°C.

Le pays, marqué par le souvenir d'une guerre civile interconfessionnelle entre 1975 et 1990, est partagé entre chrétiens -qui représentent un tiers de la population et sont eux-mêmes partagés entre une dizaine d'églises- et musulmans, majoritaires au sein des quatre millions d'habitants et divisés entre chiites, sunnites, alaouites et druzes.

"C'est un témoignage essentiel que les chrétiens doivent rendre ici, en collaboration avec toutes les personnes de bonne volonté", a continué Benoît XVI, lors de la messe, prononcée en français sur le remblai de ruines issues de la guerre civile.

La paix entre les factions en guerre et entre les nombreuses communautés religieuses au Proche-Orient a été un thème central de la visite du souverain pontife, parallèlement à l'appel aux chrétiens à ne pas quitter la région malgré la guerre et la pression croissante des musulmans radicaux.

Plusieurs fidèles, présents à la messe de dimanche, ont jugé que la visite pontificale intervenait au bon moment, alors que le Liban, touché en août dans le Nord par des heurts entre sunnites et alaouites, craint un débordement du conflit syrien.

"Il nous a donné une chance de nous arrêter et de penser aux choses plus importantes dans la vie", a déclaré Eli Baalina, un chrétien maronite de 17 ans, pour qui la visite a eu lieu "au meilleur moment, alors que les choses commençaient à s'envenimer".

Danielle Rouquié et Julien Dury pour le service français

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