Le pape crée 17 cardinaux, dénonce une "épidémie d'inimitié"

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    CITE DU VATICAN, 19 novembre (Reuters) - Le pape François a 
présidé un consistoire samedi en la basilique Saint-Pierre de 
Rome pour la création de 17 nouveaux cardinaux. 
    Treize d'entre eux sont âgés de moins de 80 ans. Les 
cardinaux doivent remplir ce critère pour siéger au conclave 
chargé de l'élection du souverain pontife. 
    Les 17 promus viennent de onze pays différents, sur les cinq 
continents, illustrant le souci du pape de diversifier leur 
origine et réprésenter l'universalité de l'Église catholique. 
    Ces pays sont le Bangladesh, la Belgique, le Brésil, 
l'Espagne, les États-Unis, l'Italie, l'île Maurice, le Mexique, 
la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la République centrafricaine et le 
Venezuela. 
    François a désormais créé 44 cardinaux, soit un peu plus du 
tiers que les 120 que l'Église lui autorise. Il s'agissait de 
son troisième consistoire depuis son accession au trône de 
Saint-Pierre en 2013. 
    Le pape a profité de cette cérémonie pour adresser un 
message de tolérance, parlant d'"épidémie d'inimitié et de 
violence" dans le monde, allusion à la montée un peu partout de 
courants nationalistes durs se nourrissant du populisme. 
    Sans citer aucun pays, François semblait faire allusion à la 
récente campagne présidentielle aux Etats-Unis qui a vu son 
vainqueur, Donald Trump, recourir à des slogans xénophobes ou 
racistes. 
    "Nous voyons, par exemple, comment rapidement celui qui est 
à côté de nous non seulement possède la statut d'inconnu ou 
d'immigré ou de réfugié, mais devient une menace, acquiert le 
statut d'ennemi", a-t-il dit. 
    "Ennemi parce qu'il vient d'un pays lointain ou parce qu'il 
a d'autres coutumes. Ennemi par la couleur de sa peau, par sa 
langue ou par sa condition sociale, ennemi parce qu'il pense 
différemment et aussi parce qu'il a une autre foi." 
    Le ministère américain de la Justice a dit vendredi qu'il 
enquêtait sur des incidents sous forme d'intimidation ou de 
harcèlement dans des écoles et des lieux de culte, fondés sur 
des critères raciaux ou confessionnels. Ces incidents se 
multiplient depuis la victoire de Donald Trump le 8 novembre. 
    "Que de blessures s'élargissent à cause de cette épidémie 
d'inimitié et de violence", a poursuivi le pape. Une épidémie 
"qui s'imprime dans la chair de beaucoup de sans-voix, parce que 
leur cri s'est affaibli et est réduit au silence à cause de 
cette pathologie de l'indifférence". 
 
 (Philip Pullella, Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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