Le pape conclut sa tournée par une journée chargée à Jérusalem

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LE PAPE AU MÉMORIAL DE LA SHOAH
LE PAPE AU MÉMORIAL DE LA SHOAH

par Crispian Balmer et Philip Pullella

JERUSALEM (Reuters) - Le pape François a achevé lundi sa tournée de trois jours au Proche-Orient par une série de rendez-vous politiques et religieux à Jérusalem, notamment au mémorial de la Shoah où il a baisé les mains de six survivants de l'Holocauste.

"Plus jamais ça, Seigneur, plus jamais ça !", a-t-il déclaré lors de sa visite au musée de Yad Vashem, qui honore la mémoire des six millions de Juifs tués par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le souverain pontife a qualifié l'Holocauste de "tragédie sans limite".

Quatrième pape à se rendre en Israël, François avait auparavant déposé une gerbe sur la tombe de Theodor Herzl, le père du sionisme.

L'Eglise catholique s'était initialement opposée à la création d'un Etat juif et les autres papes venus à Jérusalem depuis un demi-siècle ne se sont pas rendus sur cette tombe.

"Nous louons et apprécions votre décision de déposer une gerbe sur la tombe de Binyamin Zev Herzl", avait déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dimanche, en désignant Theodor Herzl par son nom hébreu.

A la demande de Benjamin Netanyahu, le chef de l'Eglise catholique a également fait étape au "Mémorial des victimes de la terreur", une visite qui ne figurait pas à l'origine dans son programme. Baissant la tête, il a posé les mains sur le monument de pierre et de marbre qui porte les noms des civils israéliens victimes d'attentats.

DÔME DU ROCHER ET MUR DES LAMENTATIONS

"Je prie pour toutes les victimes du terrorisme. S'il vous plaît, plus de terrorisme", a-t-il dit. A ses côtés, Benjamin Netanyahu l'a remercié pour ces paroles. "Nous n'apprenons pas à nos enfants à poser des bombes, nous leur enseignons la paix... Mais nous devons construire un mur pour nous garder de ceux qui prônent le contraire", a-t-il déclaré.

La veille, au risque de froisser les dirigeants israéliens, François avait effectué une halte surprise face au mur de béton honni par les Palestiniens qui sépare Bethléem de Jérusalem, où il a prié en silence sous les yeux d'un enfant tenant un drapeau palestinien, un geste qui restera sans doute comme l'un des plus emblématiques de son premier déplacement dans la région.

Le pape avait entamé sa dernière journée en Terre sainte par une visite au Dôme du Rocher, lieu saint musulman. Le pape a ôté ses chaussures avant d'entrer dans ce lieu d'où le prophète Mahomet est monté au paradis, estiment les musulmans.

François s'est ensuite rendu au Mur des Lamentations tout proche, seul reste du deuxième Temple de Salomon détruit par les Romains en 70 de l'ère chrétienne.

Là, symboliquement, un rabbin et un responsable musulman, deux vieux amis du pape venus d'Argentine, se sont donné l'accolade. Lors de ses deux précédentes étapes en Jordanie et dans les territoires palestiniens, le souverain pontife a multiplié les appels en faveur de la paix dans cette région marquée par les guerres.

PRIER POUR LA PAIX

François a invité Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, et le président israélien Shimon Peres à venir prier avec lui pour la paix au Vatican, une invitation acceptée par les deux hommes. La rencontre devrait avoir lieu le 6 juin.

"Nous travaillerons ensemble, juifs, chrétiens et musulmans, pour mettre fin aux conflits", a assuré lundi le président Peres lors d'une rencontre avec le pape.

François a ensuite célébré une messe dans la salle du Cénacle, lieu situé juste à l'extérieur des murs de la Vieille Ville où, selon la tradition chrétienne, se serait déroulée la Cène, dernier repas de Jésus avec ses apôtres.

Cette salle se situe juste au-dessus d'un site que certains juifs désignent comme le tombeau du roi David. Des manifestants qui soupçonnent les autorités israéliennes de vouloir céder le Cénacle au Vatican s'y sont rassemblés à plusieurs reprises ces dernières semaines. La police y a arrêté 26 personnes dimanche lors d'une manifestation houleuse.

Il n'y a pas eu de manifestations lundi. Après la messe, François est monté à bord d'un hélicoptère pour Tel Aviv d'où il a ensuite pris l'avion qui devait le ramener en Italie.

Environ 8.000 policiers étaient mobilisés pour garantir la sécurité du pape après de récents actes de vandalisme contre des biens ecclésiastiques imputés à des juifs extrémistes. Des rues étaient être interdites d'accès et des commerçants de la Vieille Ville se sont plaints de devoir fermer leur boutique toute la journée.

(Avec Dan Williams; Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey, Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français)

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