Le pape arrive en Corée du Sud, s'adresse à la Chine

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* L'avion du pape autorisé à survoler la Chine * Certains Chinois absents de la Journée de la jeunesse * La Corée du Nord a tiré des roquettes de courte portée (Actualisé avec réaction chinoise §10) par Philip Pullella et Ju-min Park SEOUL, 14 août (Reuters) - Le pape François est arrivé jeudi en Corée du Sud après avoir salué la Chine de manière inédite alors qu'il était autorisé à survoler ce pays où son autorité sur les catholiques chinois n'est pas reconnue. Il s'agit du premier déplacement d'un pape en Asie depuis 1999. Le souverain pontife, dont c'est le troisième voyage à l'étranger, doit passer cinq jours en Corée du Sud, qui accueille la sixième Journée asiatique de la jeunesse. Le pays compte cinq millions de catholiques. La première journée de cette visite pontificale a toutefois été placée sous le signe des relations entre le Vatican et la Chine, inexistantes depuis la prise du pouvoir des communistes à Pékin en 1949. "En entrant dans l'espace aérien chinois, je présente mes meilleurs voeux à votre excellence et à vos concitoyens. J'appelle les bénédictions divines de la paix et du bien-être sur le pays", dit le souverain pontife dans un message radio au président chinois Xi Jinping. C'est la première fois qu'un pape en tournée en Asie est autorisé à survoler la Chine. Son prédécesseur Jean Paul II avait dû contourner le ciel chinois pour se rendre en Asie. Les catholiques en Chine sont divisés en deux communautés, une Eglise "officielle" appelée "Association patriotique" qui doit rendre des comptes au Parti communiste et une Eglise clandestine fidèle au Vatican. Environ la moitié de la centaine de Chinois qui avaient prévu de participer à la Journée asiatique de la jeunesse en Corée du Sud ne pourront être présents en raison d'une "situation compliquée en Chine", a annoncé Heo Young-yeop, porte-parole du Comité pour la visite du pape en Corée. TIRS NORD-CORÉENS Il n'a rien voulu dire d'autre en invoquant des raisons de sécurité. Selon un autre organisateur qui a requis l'anonymat, certains des participants ont été arrêtés par les autorités chinoises. Interrogé au téléphone par Reuters, Ren Dahai, directeur d'une association catholique en Chine, a déclaré que la venue de ces Chinois en Corée du Sud dépendait apparemment du bon vouloir des autorités de chaque province. "Certaines sont strictes, d'autres sont souples", a-t-il dit. La Chine "prend note" de la déclaration du pape et souhaite oeuvrer à une amélioration des relations bilatérales avec le Vatican, a réagi le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué adressé à Reuters, qui ne mentionne pas le sort des catholiques désireux de se rendre en Corée du Sud. Peu avant l'arrivée du pape à Séoul, la Corée du Nord a tiré trois roquettes de courte portée qui sont tombées dans la mer au large de la côte est, à plusieurs centaines de kilomètres de l'avion du pape. En début d'après-midi, elle a tiré deux autres projectiles du même endroit. Le régime communiste de Pyongyang effectue régulièrement ce genre de démonstration lorsque la Corée du Sud accueille un événement de portée internationale. Lors de sa rencontre avec la présidente sud-coréenne Park Geun-hye à Séoul, François a salué les efforts en faveur de la réconciliation et de la stabilité sur la péninsule coréenne, divisée depuis la guerre de 1950-1953. "La quête coréenne de la paix est une cause chère à nos coeurs, car elle concerne la stabilité de toute la région et du monde entier fatigué de la guerre", a dit le pape. (Avec James Pearson à Séoul, Ben Blanchard et Sui-Lee Wee à Pékin; Danielle Rouquié et Bertrand Boucey pour le service français)

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