Le pape arrive aux Etats-Unis sous le signe de la modestie

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* Le pape accueilli en personne par le président Obama * François doit s'adresser au Congrès et à l'Onu * Il dit en privé souhaiter la levée de l'embargo US contre Cuba par Scott Malone et Philip Pullella WASHINGTON, 23 septembre (Reuters) - Le pape François a lancé mardi sa toute première visite aux Etats-Unis par un geste caractéristique d'humilité, tout en s'attachant à relativiser sa critique du capitalisme. Près avoir été accueilli à sa descente d'avion par le président Barack Obama et le vice-président Joe Biden, le pape Argentin de 78 ans a quitté la base aérienne dans une petite Fiat 500L noire, contraste saisissant avec le long convoi de gros 4x4 et de limousines qu'utilisent les présidents américains et les dirigeants mondiaux pour se rendre dans la capitale. Des écoliers ont crié "bienvenue" au souverain pontife pour ses premiers moments sur le sol américain. Sur le tapis rouge, le président américain, son épouse Michelle, ses filles et le vice-président lui ont serré la main, un honneur accordé à peu de dignitaires étrangers. Le chef de l'Eglise catholique doit rester six jours aux Etats-Unis. Sa personnalité et l'accent mis sur les pauvres et les migrants, ainsi que son appel à agir contre le changement climatique, suscitent l'adhésion des catholiques réformistes, des démocrates et de nombreux non catholiques. A l'inverse, ses critiques contre le capitalisme débridé indisposent les conservateurs américains. Dans l'avion qui le ramenait de Cuba, François a dit aux journalistes qu'il serait faux de présumer que son souci de justice économique fait de lui un homme de gauche. "Peut-être qu'une explication a été donnée qui a suscité l'impression que je suis un peu à gauche, mais ce serait une erreur d'explication", a dit le chef de l'Eglise catholique aux journalistes. François doit s'adresser au Congrès jeudi, une première aux Etats-Unis et à l'Assemble générale des Nations unies vendredi. Il célébrera aussi une messe en plein air à Philadelphie où sont attendues un million et demi de personnes. ERREUR D'EXPLICATION Les républicains, qui contrôlent le Congrès, ont, pour certains, du mal à adhérer au message économique du pape. Ils l'applaudissent en revanche pour sa défense des enseignements de l'Eglise opposés à l'avortement et au mariage homosexuel. Le pape est également revenu sur les critiques qu'il a faites à l'encontre du système capitaliste, soulignant que se enseignements sur la justice économique et le changement climatique étaient tous "dans la doctrine sociale de l'Eglise". "C'est moi qui suit l'Eglise", a-t-il ajouté. Dans l'avion en provenance de Cuba, le pape a dit aux journalistes qu'il espérait que les Etats-Unis lèvent l'embargo commercial toujours en place à l'encontre de l'île communiste mais qu'il n'avait pas l'intention d'évoquer ce sujet lors de son discours au Congrès cette semaine. "Mon souhait est qu'ils finissent avec un bon résultat, qu'ils parviennent à un accord qui satisfasse les deux parties, un accord, certainement", a déclaré Jorge Mario Bergoglio qui a contribué au dégel entre les deux pays après plus de 50 ans de conflit. Barack Obama et François se verront plus officiellement mercredi à la Maison blanche. "Je pense que vous pouvez dire que le président Obama et le pape François ont, tous les deux pendant leur carrière, démontré un attachement aux valeurs liées à la justice économique et sociale", a déclaré le porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest. Après cette rencontre, le pape circulera dans Washington pour en voir les monuments. La foule pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers de personnes. Selon un sondage MSNBC/Telemundo/Marist publié lundi, 51% des Américains ont une bonne opinion du pape, et seuls 9% ont une opinion défavorable. (Avec Roberta Rampton à Joint Base Andrews; Danielle Rouquié pour le service français)

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