Le pape arrive au Caire pour renouer le dialogue avec l'islam

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    par Lin Noueihed et Eric Knecht 
    LE CAIRE, 28 avril (Reuters) - Le pape François arrive ce 
vendredi en Egypte avec l'ambition de renouer le dialogue entre 
catholiques et musulmans tout en adressant un message de soutien 
aux chrétiens du Proche-Orient victimes des attaques répétées du 
groupe Etat islamique (EI). 
    Dans un message vidéo adressé aux Égyptiens mardi, le 
souverain pontife a dénoncé "la violence aveugle" et souhaité 
que sa venue se déroule dans la paix et permette un dialogue 
interconfessionnel. 
    Sa visite s'effectue dans un contexte tendu, trois semaines 
après les attentats revendiqués par l'EI contre des églises 
coptes à Alexandrie et Tanta qui ont fait 45 morts le dimanche 
des Rameaux. 
    L'EI avait aussi revendiqué un attentat meurtrier contre la 
cathédrale copte orthodoxe du Caire en décembre et ses attaques 
ont poussé la quasi totalité des chrétiens du Nord-Sinaï à fuir 
la péninsule. 
    Malgré les risques, le pape François a insisté pour ne 
circuler que dans une voiture ordinaire et non un véhicule 
blindé pendant les 27 heures qu'il passera au Caire. 
    Les autorités égyptiennes se sont efforcées de sécuriser les 
rues autour de l'ambassade du Vatican et d'autres sites de la 
capitale en interdisant le stationnement des voitures et en 
bloquant le passage des piétons. 
    "Nous sommes satisfaits de voir que l'Etat prend enfin des 
mesures de sécurité fortes pour empêcher le terrorisme et pour 
protéger les églises", a commenté le père Boutros Halim, 
porte-parole de l'Eglise copte orthodoxe, dont l'immense 
majorité des chrétiens égyptiens sont issus. 
     
    LE VATICAN DISCRET SUR LA RENCONTRE AVEC SISSI 
    Outre le patriarche Théodore II d'Alexandrie, chef de 
l'Eglise copte orthodoxe, François doit rencontrer le président 
Abdel Fattah al Sissi et le cheikh Ahmed al Tayeb, grand imam de 
la mosquée d'Al Azhar qui est le premier centre d'enseignement 
théologique sunnite. 
    Cet entretien avec l'imam d'Al Azhar, qui avait décidé de 
couper les ponts avec le Saint-Siège en 2011 en raison de ce 
qu'il considérait comme des insultes répétées contre l'islam de 
la part de Benoît XVI, le prédécesseur de François, a suscité 
quelques remous au sein de la frange conservatrice de l'Eglise 
catholique. 
    Le dialogue a été formellement rétabli l'an dernier lorsque 
le cheikh Al Tayeb, considéré comme le dignitaire musulman 
égyptien le plus modéré, s'est rendu au Vatican, même si le 
grand imam reste accusé dans son propre pays de ne pas lutter 
assez activement contre l'extrémisme religieux au sein d'Al 
Azhar. 
    François, qui dénonce régulièrement les violences commises 
au nom de Dieu, est néanmoins convaincu que le dialogue entre 
catholiques et musulmans est plus nécessaire que jamais et, dans 
ce contexte, le cheikh Al Tayeb, qui s'est toujours montré très 
critique envers l'EI, apparaît comme un allié précieux. 
    Le pape se rendra également dans la cathédrale Saint-Marc du 
Caire pour une prière à la mémoire des 28 fidèles tués lors de 
l'attentat de décembre dernier. 
    Sa rencontre avec le président Sissi inquiète, elle, les 
militants des droits de l'homme. Le Vatican n'a pas donné 
d'indications sur le contenu des entretiens qu'auront les deux 
hommes. 
    Le président Sissi se présente, depuis l'éviction des Frères 
musulmans du pouvoir en juillet 2013, comme le rempart face au 
terrorisme, justifiant ainsi la répression menée contre toute 
forme d'opposition. 
 
 (Avec Philip Pulella au Vatican; Pierre Sérisier et Tangi 
Salaün pour le service français) 
 
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