Le pape appelle à un nouvel ordre économique mondial

le , mis à jour à 06:11
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par Philip Pullella et Sarah Marsh SANTA CRUZ, Bolivie, 10 juillet (Reuters) - Le pape François a appelé jeudi les opprimées à changer l'ordre économique mondial, dénonçant le "nouveau colonialisme" de ceux qui imposent des programmes d'austérité. Dans un de ses discours les plus longs et les plus passionnés, le souverain pontife, qui effectue un voyage en Amérique latine, a également demandé pardon pour les péchés commis par l'Eglise catholique lors de la découverte du continent américain. Les pays pauvres, a dit le pape qui est d'origine argentine, ne doivent pas être réduits à la condition de fournisseurs de matières premières et de main d'oeuvre bon marché des pays développés. Reprenant certains des thèmes de son encyclique "Laudato Si" sur l'environnement publiée le mois dernier, Jorge Mario Bergoglio a souligné que le temps pour sauver la planète était compté. Le pape a prononcé son discours devant les participants de la deuxième réunion mondiale des Mouvements populaires. La première rencontre avait eu lieu l'an dernier au Vatican. Il leur a dit qu'il soutenaient leurs efforts pour obtenir le "droit indéniablement nécessaire" aux "trois T" : droit à une terre, à un travail et à un toit. "N'ayons pas peur de le dire : nous voulons du changement, un vrai changement, un changement structurel", a dit le chef de l'Eglise catholique, critiquant un système "qui a imposé la mentalité du profit à tout prix, sans aucune préoccupation pour l'exclusion sociale ni pour la destruction de la nature." "Ce système est aujourd'hui intolérable : les ouvriers agricoles le trouvent intolérable, les ouvriers le trouvent intolérable, les communautés le trouvent intolérable, les gens le trouvent intolérable, la Terre elle-même (...) le trouve intolérable", a lancé François. Le discours du pape a duré une heure, interrompu des dizaines de fois par les applaudissements et les vivats. François a semblé s'en prendre aux organisations internationales comme le FMI et aux politiques de l'aide au développement mises en place par certains pays développés. "Aucun pouvoir (...) n'a le droit de priver le peuple du plein exercice de sa souveraineté. Chaque fois que c'est le cas, nous voyons la montée de nouvelles formes de colonialisme qui portent préjudice à la possibilité de paix et de justice", a dit le pape. "Le nouveau colonialisme a des visages différents. Parfois, il apparaît comme l'influence anonyme de Mammon", a dit le pape en citant comme exemple certains traités de libre-échange et l'imposition de mesures d'austérité qui serrent toujours la ceinture des travailleurs et des pauvres". Il a défendu les syndicats et approuvé la création de coopératives par les pauvres pour créer des emplois. "Je vous le dis avec regret : beaucoup de péchés graves ont été commis conte les peuples autochtones d'Amérique au nom de Dieu", a dit le pape. "Je demande humblement pardon, non seulement pour les offenses de l'Eglise elle-même mais aussi pour les crimes commis contre les peuples autochtones lors de la soi-disant conquête de l'Amérique." (Danielle Rouquié pour le service français)

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