Le pape appelle à persévérer dans le dialogue au Proche-Orient

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LE PAPE APPELLE À PERSÉVÉRER DANS LE DIALOGUE AU PROCHE-ORIENT
LE PAPE APPELLE À PERSÉVÉRER DANS LE DIALOGUE AU PROCHE-ORIENT

par Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - Le pape François a déclaré dimanche soir aux présidents israélien et palestinien qu'ils "devaient répondre" à la soif de paix de leurs peuples et trouver "la force de persévérer dans le dialogue sans se décourager".

Le souverain pontife a lancé ce vibrant appel à Shimon Peres et à Mahmoud Abbas à l'issue d'une réunion sans précédent de prière pour la paix, qui a duré deux heures dans les jardins du Vatican.

"Faire la paix exige du courage, beaucoup plus que la guerre. Cela demande le courage de dire oui à la rencontre et non au conflit: oui au dialogue et non à la violence; oui aux négociations et non aux hostilités; oui au respect des accords et non aux actes de provocation; oui à la sincérité et non à la duplicité. Tout cela nécessite du courage, il faut de la force et de la ténacité", a déclaré le pape.

Rechercher la paix est "un acte de responsabilité suprême devant nos consciences et devant nos peuples", a continué François, en notant que des milliers de personnes dans le monde entier, de toutes confessions, priaient ensemble avec eux pour la paix.

Le pape s'exprimé à la suite de rabbins, de cardinaux et d'imams qui ont lu, récité des passages de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament et du Coran en italien, en anglais, en hébreu et en arabe, lors du premier événement oecuménique de ce genre au Vatican.

A certains moments, les incantations laissaient penser que les participants ne se trouvaient non pas au Vatican, mais plutôt dans une synagogue ou devant une mosquée au Proche-Orient.

"Nous avons entendu un appel, et nous devons y répondre. C'est l'appel à rompre la spirale de la haine et de la violence, à le rompre avec un seul mot, celui de 'frère'", a dit François.

Les enfants qui ont été les victimes innocentes des guerres et des conflits ont fait de la quête de la paix un impératif, a estimé le pape François.

"La mémoire de ces enfants nous donne le courage de la paix, la force de persévérer dans le dialogue sans se décourager, la patience de tisser, jour après jour, une coexistence de plus en plus solide et pacifique, pour la gloire de Dieu et le bien de tous", a-t-il expliqué.

DANS UN ENDROIT "NEUTRE"

Le pape avait lancé l'idée de cette prière oecuménique pour la paix en mai lors de son voyage en Terre sainte. C'est lui qui a accueilli les deux présidents, au Vatican, devant la modeste résidence où il a décidé de vivre après avoir renoncé aux vastes appartements du palais apostolique.

Il s'agissait de la première rencontre publique entre Shimon Peres et Mahmoud Abbas depuis plus d'un an, et cette soirée de prières pour la paix s'est déroulée plus d'un mois après l'arrêt sur un constat d'échec des négociations directes qui avaient lieu entre Israéliens et Palestiniens depuis l'année dernière.

Shimon Peres, Mahmoud Abbas et François, accompagnés du patriarche Bartholomée Ier, primat de l'Eglise orthodoxe de Constantinople, ont été conduits à bord d'un minibus blanc vers ce que le Vatican décrit comme un endroit "neutre", exempt de symboles religieux, dans les jardins vaticanais.

L'entourage du pape avait prévenu qu'aucune décision concrète n'était à attendre à l'issue de cette initiative sans précédent dans l'histoire du Vatican, présentée comme "une pause dans la politique".

Agé de 90 ans, Shimon Peres, dont le poste de chef de l'Etat est essentiellement protocolaire, quittera ses fonctions le mois prochain. Intervenant dimanche soir, il s'est décrit comme un vieil homme qui a "vu la guerre" et "goûté à la paix", ajoutant que tous les dirigeants devaient permettre à leurs enfants de vivre un avenir meilleur.

Mahmoud Abbas a prié Dieu pour "qu'advienne une paix globale et juste dans notre pays et notre région, de sorte que notre peuple et les peuples du Proche-Orient, de même que le monde entier, bénéficient des fruits de la paix, de la stabilité et de la coexistence".

Le pape, les deux présidents et le patriarche Bartholomée Ier ont ensuite planté un olivier et les membres de chaque délégation se sont serré la main, alors que s'élevait une musique. Les quatre hommes ont eu des discussions privées pendant une vingtaine de minutes, avant que les deux présidents ne quittent le Vatican.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'était pas présent au Vatican. Il refuse de reconnaître le nouveau gouvernement d'union palestinien qui a prêté serment à Mahmoud Abbas lundi dernier en raison de la présence de ministres du Hamas, qui prône la destruction de l'Etat d'Israël.

(Philip Pullela; Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français)

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  • lorant21 le lundi 9 juin 2014 à 10:50

    Cela ne fera pas de mal.. mais pas de bien non plus.