Le Pam attend le feu vert de Damas pour larguer des vivres

le , mis à jour à 18:58
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 (Ajoute précisions de l'Onu §) 
    GENEVE, 3 juin (Reuters) - Le Programme alimentaire mondial 
(Pam) a fait savoir vendredi qu'il était prêt à livrer de l'aide 
par voie aérienne à 19 localités assiégées de Syrie, mais qu'il 
attendait le financement et le feu vert du gouvernement syrien 
pour mettre ce plan à exécution. 
    Les parachutages de haute altitude seront possibles dans 
quatre d'entre elles, dont Foua et Kefraya, où quelque 20.000 
personnes sont prises au piège, mais les quinze autres sont des 
centres urbains ou semi-urbains ou seuls les hélicoptères 
pourront intervenir, afin de ne pas blesser les habitants, a 
précisé l'agence des Nations unies. 
    L'Onu largue déjà des vivres à haute altitude pour les 
110.000 habitants de Daïr az Zour, assiégés par les djihadistes 
de l'Etat islamique, mais ces parachutages sont employés en 
dernier recours car ils sont coûteux, compliqués et ne 
permettent de fournir qu'une aide réduite.  
    Lors de sa réunion de Vienne le 17 mai dernier, le Groupe 
international de soutien à la Syrie (GISS) avait laissé au 
gouvernement syrien jusqu'au 1er juin pour autoriser les convois 
humanitaires à accéder aux villes assiégées, sans quoi les 
Nations unies procéderaient à des largages. 
    "Sur la base de l'examen de la situation par le GISS à la 
date du 1er juin, le Pam déclenche son plan. Cela comprend la 
préparation d'une demande d'autorisation qui sera soumise au 
gouvernement syrien par le coordonnateur de l'aide humanitaire 
(de l'Onu)", a déclaré le Pam.  
    "Afin de mettre ce plan à exécution, il sera nécessaire 
d'obtenir à la fois le financement et toutes les autorisations 
nécessaires", a-t-il ajouté.  
     
    L'ONU DÉPOSERA SA DEMANDE DIMANCHE 
    A New York, au siège des Nations unies, le coordonnateur de 
l'aide humanitaire, Stephen O'Brien, a déclaré au Conseil de 
sécurité que la demande serait présentée dimanche à Damas, 
a-t-on appris de sources diplomatiques.  
    Il a précisé que l'Onu demanderait la permission d'effectuer 
des largages sur les zones où le gouvernement syrien n'a pas 
donné son accord pour une livraison par la route, ou seulement 
un accord partiel.  
    Jeudi, Damas a autorisé les Nations unies et la Croix-Rouge 
à envoyer courant juin des convois d'aide humanitaire dans au 
moins 11 des 19 villes encerclées par son armée. 
    Dans un communiqué, la mission syrienne auprès de l'Onu 
établit une liste des localités auxquelles l'accès est désormais 
autorisé, dont le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk près 
de Damas et la ville de Madaya à la frontière libanaise, mais 
aussi les villages chiites de Foua et Kefraya, qui sont eux 
encerclés par les insurgés. 
    Deux autres villes de la banlieue de Damas assiégées par 
l'armée gouvernementale, Daraya et Douma, figurent sur une autre 
liste, plus restrictive, puisque seule l'aide médicale, les 
fournitures scolaires et le lait pour les bébés pourront y être 
acheminés. 
    Daraya n'a plus reçu d'aide alimentaire depuis 2012 et les 
Nations unies ont fait savoir que le départ d'un convoi 
humanitaire programmé vendredi avait été repoussé. 
    Bien que la ville, située au sud-ouest de Damas, ne figure 
pas sur la liste des destinations approuvées par le gouvernement 
syrien, le responsable des secours d'urgence de l'Onu, Jan 
Egeland, a dit avoir reçu des "indications claires" qu'un convoi 
transportant de la nourriture pourrait se rendre à Daraya dans 
les prochains jours. 
    L'opposition syrienne met en garde sur le fait que le 
gouvernement de Bachar al Assad pourrait autoriser des 
livraisons d'aide ponctuelles pour alléger la pression 
internationale, avant de refermer à nouveau les portes. 
     
 
 (Tom Miles, avec Michelle Nichols aux Nations unies; Tangi 
Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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