Le pacte de responsabilité est de gauche, dit Pierre Moscovici

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POUR PIERRE MOSCOVICI, LE PACTE DE RESPONSABILITÉ RELÈVE D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE
POUR PIERRE MOSCOVICI, LE PACTE DE RESPONSABILITÉ RELÈVE D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE

PARIS (Reuters) - Pierre Moscovici a assuré dimanche que le "pacte de responsabilité" de François Hollande relevait d'une "politique de gauche" et a appelé le Parti socialiste, dont l'aile gauche y voit un cadeau fait au patronat, à le soutenir.

La direction du PS organise lundi un séminaire à huis clos sur le "pacte" avec les parlementaires socialistes, alors que les critiques montent au sein de la majorité contre le "cadeau unilatéral" que le chef de l'Etat accorderait au patronat.

François Hollande propose aux entreprises une baisse de charges de 30 milliards d'euros en échange d'engagements sur l'investissement et l'emploi.

Le ministre de l'Economie et des Finances, qui s'exprimait dimanche dans l'émission "Tous politiques" de France Inter-France 24-Le Parisien, a déclaré que cette initiative était un "pari sur la confiance".

"C'est une politique qui est de gauche, surtout si elle s'effectue dans la justice et s'il y a également des contreparties en termes de dialogue social, en termes de qualité de l'emploi, en termes d'orientation sur les jeunes et les seniors", a dit Pierre Moscovici.

"Il y aura aussi des contreparties qui seront demandées en termes d'investissement sur le territoire français, de maintien de la localisation des sites en France", a-t-il ajouté.

"ON AFFICHE OU ON FAIT?"

Pour Pierre Moscovici, l'objectif demandé au patronat en matière d'emploi devra être "le plus précis, le plus quantifié, le plus mesurable possible".

Dans une interview à paraître lundi dans Les Echos, le ministre du Redressement productif chiffre désormais à au moins "1,65 million d'emplois" les contreparties attendues, après avoir évoqué deux millions puis 1,8 million d'emplois.

"Je rencontre des patrons de PME qui se disent capables de prendre des engagements d'embauches. Il y a un désir du terrain de contreparties qui est beaucoup plus fort que ce qu'en dit la direction du Medef qui en fait une affaire trop politique, pour ne pas dire politicienne", dit Arnaud Montebourg.

La direction du Medef a avancé l'objectif d'un million d'emplois.

Pour le ministre du Travail, Michel Sapin, "donner un chiffre global (...) semble spectaculaire mais est peu opérationnel".

"On affiche ou on fait? Moi, je pense qu'il faut moins afficher mais faire plus", déclare-t-il dans Le Parisien Dimanche, assurant à l'adresse de la CGT, très critique, que ce pacte n'est pas "un pacte avec le Diable".

Aux socialistes, Pierre Moscovici demande de débattre "sereinement" de ce dispositif qui pourrait être opérationnel au printemps, entre mars et juin.

"Je leur dis cette politique, ce compromis économique et social, il est de gauche, il est progressiste, il est social-démocrate, il est d'intérêt général pour le pays et le président de la République a besoin du soutien de tous, même dans la diversité", a-t-il insisté.

EXONÉRATION TOTALE DE CHARGES PENDANT TROIS ANS

Même plaidoyer du côté de Michel Sapin : "Je ne pense absolument pas que la gauche se sente en opposition avec ce qu'on appelle dans un jargon incompréhensible la politique de l'offre".

Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, a apporté dimanche sa contribution au débat en préconisant une exonération totale de cotisations sociales pour les entreprises, notamment les PME, pendant trois ans pour tout emploi créé.

Il s'agit d'une "conditionnalité" pour les entreprises qui recrutent, a-t-il fait valoir dans l'émission "Internationales" (RFI, TV5 Monde, Le Monde).

Le président du "Club des entrepreneurs", qui représente plus de 18.500 créateurs et dirigeants d'entreprises, s'est félicité que le député "défende" l'une de ses propositions.

Elle "va incontestablement permettre de corriger un grand nombre de situations sources de délocalisations d'entrepreneurs et de fuites de nos cadres de haut niveau", déclare Guillaume Cairou dans un communiqué.

L'ancien ministre UMP François Baroin a pressé le gouvernement de ne "pas attendre".

"François Hollande est comme un joueur d'échecs devant son échiquier. Ce qu'il fait avec la baisse du coût du travail, c'est ce qu'on appelle un coup forcé. Il a tellement perdu ses pions et ses pièces qu'il n'a d'autre choix que de faire ce mouvement", a-t-il jugé dans le cadre du "Grand rendez-vous" Europe 1-i>Télé-Le Monde.

Le président "applique la politique de Nicolas Sarkozy avec beaucoup moins de talent, beaucoup moins d'énergie et pas de majorité", a-t-il ajouté.

Sophie Louet avec Yann Le Guernigou

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  • phildesf le dimanche 9 fév 2014 à 22:57

    Oui, il est de gauche : c'est une usine à gaz qui ne se fera pas :)

  • jlccasa le dimanche 9 fév 2014 à 22:49

    Les socialo ne savent plus ou ils habitent