Le nucléaire français à l'export face au défi du financement

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PARIS, 12 octobre (Reuters) - Le feu vert de Bruxelles à la construction de deux réacteurs EPR en Angleterre est tombé à pic pour les entreprises françaises, à la veille du salon du nucléaire du Bourget, mais le projet illustre aussi l'un des principaux défis de la filière à l'export, celui du financement. Pour pouvoir lancer Hinkley Point C, dont le coût total est estimé à 19 milliards d'euros, EDF a dû s'allier aux chinois China General Nuclear Corp GDNCP.UL et China National Nuclear Corp CNNNC.UL , ainsi qu'à son compatriote Areva AREVA.PA , et surtout obtenir un tarif de rachat garanti de l'électricité sur 35 ans. Pour Areva, Hinkley Point devrait être la première commande de réacteur depuis 2007 et depuis l'échec des entreprises françaises à Abou Dhabi, fin 2009, lorsque les Emirats arabes unis leur avaient préféré le sud-coréen Kepco pour quatre réacteurs. Le fabricant de l'EPR a depuis perdu des appels d'offres en Finlande et en République tchèque et n'a pas progressé dans ses discussions avec l'Inde, alors que le russe Rosatom remportait dans le même temps une série de contrats avec son modèle "build, own, operate" (construire, détenir et opérer). Selon Philippe Pradel, vice-président de la société GDF Suez Nucléaire France GSZ.PA , les fabricants de réacteurs russes, japonais, sud-coréens et chinois peuvent obtenir des financements à des taux environ deux pourcents inférieurs à ceux des entreprises françaises. De plus en plus, le marché nucléaire mondial devient ainsi dépendant du financement garanti par les fournisseurs d'équipements et les opérateurs. "Pourvu que la sûreté du matériel soit garantie, le type de technologie est presque sans importance. La question est de savoir si vous avez un projet et si vous avez un financement sécurisé", estime une spécialiste de l'industrie. Pour faciliter le montage du financement d'Hinkley Point C, Areva a pris 10% du consortium en charge du projet et, pour ne pas alourdir sa dette, demandé au gouvernement français que son investissement en capital vienne remplacer des actifs du groupe aujourd'hui dédiés au démantèlement de ses installations nucléaires. Le salon du Bourget du nucléaire intervient dans un contexte délicat pour le groupe, qui a récemment dû annoncer de nouvelles économies pour éviter de voir ses notes de crédit basculer en catégorie spéculative et qui doit composer avec le projet de réduire de 75% à 50% la part de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité en France à l'horizon 2025. Plus globalement, la filière nucléaire française cherche à diversifier sa gamme de réacteurs et ainsi réduire sa dépendance à l'EPR. L'Atmea d'Areva, plus petit, a été retenu dans le cadre d'un appel d'offres pour la deuxième centrale nucléaire turque. Le salon international du nucléaire du Bourget, du 14 au 16 octobre, espère doper l'activité des PME et PMI du secteur mais ne devrait pas donner lieu à de très grands contrats. ID:nL6N0OM2DG Il n'accueillera en outre qu'un nombre réduit de dirigeants étrangers. (Geert De Clercq, Benjamin Mallet pour le service français, édité par Jean-michel Bélot)


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