Le nouveau Premier ministre turc prône un régime présidentiel

le , mis à jour à 16:01
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 (Actualisé avec élection à la tête de l'AKP) 
    par Humeyra Pamuk 
    ANKARA, 22 mai (Reuters) - La Turquie doit se doter d'une 
nouvelle constitution qui instituera, conformément à l'ambition 
de Recep Tayyip Erdogan, un régime présidentiel, a déclaré 
dimanche Binali Yildirim avant d'être désigné à la tête du parti 
de la Justice et du Développement (AKP) et d'accéder de ce fait 
au poste de Premier ministre. 
    Ministre des Transports, proche du président depuis près de 
vingt ans, il était le seul candidat en lice au congrès 
extraordinaire de l'AKP réuni pour élire le successeur d'Ahmet 
Davutoglu, qui a annoncé sa démission au début du mois. Il a été 
élu à l'unanimité des 1.405 délégués présents. 
    Dans son discours, Yildirim a promis de poursuivre la lutte 
contre les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) et 
contre les séparatistes kurdes mais a souligné que la mission la 
plus importante du gouvernement était de changer la constitution 
pour mettre un terme à la confusion et faire entrer la Turquie 
dans un régime présidentiel. 
    Cette présidentialisation est revendiquée par Erdogan qui la 
présente comme un garde-fou contre les divisions partisanes qui 
ont entravé le fonctionnement politique du pays dans les années 
1990. Elle a été à la source des tensions qui ont poussé 
Davutoglu à la démission. L'opposition dénonce elle une nouvelle 
étape dans ce qu'elle qualifie de dérive autoritaire du pouvoir 
turc.   
    "Les problèmes de cette nation et l'amour de cette nation 
sont de la responsabilité du président", a dit le futur chef du 
gouvernement. "La nouvelle constitution sera porteuse d'un 
système exécutif présidentiel", a-t-il ajouté. 
    Le futur Premier ministre a également estimé que l'Union 
européenne devait mettre un terme à la confusion qui entoure sa 
politique migratoire. 
    L'UE et Ankara ont conclu en mars un accord visant à 
endiguer l'arrivée sur le sol européen de réfugiés et de 
migrants via la Turquie en échange d'une aide financière 
renforcée, d'une libéralisation des visas pour les Turcs se 
rendant en Europe et d'une relance des négociations d'adhésion. 
    Yildirim, qui a participé à la fondation de l'AKP en 2001, 
est perçu comme un soutien plus fiable que son prédécesseur par 
Erdogan.  
    Ingénieur en constructions navales de formation, il fut 
également l'un des artisans des grands projets d'infrastructures 
qui ont modernisé la Turquie et assis la base électorale du 
parti islamo-conservateur au cours de sa première décennie au 
pouvoir.  
    Ses liens avec Erdogan remontent aux années 90 lorsque 
l'actuel président était le maire d'Istanbul et que lui-même y 
dirigeait une compagnie de ferries. 
    Elu député d'Istanbul en novembre 2002, Yildirim a occupé 
les fonctions de ministre des Transports, des Affaires maritimes 
et des Communications d'une manière presque continue dans les 
gouvernements successifs. 
    La composition de son gouvernement devrait être dévoilée 
lundi. 
 
 (Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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