Le nouveau Premier ministre libyen appelle l'UE à l'aide

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    LUXEMBOURG, 18 avril (Reuters) - Le Premier ministre du 
gouvernement d'union nationale libyen a réclamé lundi l'aide des 
Européens pour lutter contre les passeurs de clandestins en 
Méditerranée, sans aller jusqu'à inviter officiellement l'UE à 
intervenir dans les eaux libyennes pour endiguer l'afflux de 
migrants. 
    Lors de sa première visioconférence avec les ministres 
européens des Affaires étrangères et de la Défense depuis qu'il 
a installé ses quartiers à Tripoli, Fayez Seradj, qui a le 
soutien des Nations unies, a lancé un appel à l'aide pour 
combattre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et pour 
reconstruire la Libye, durement affectée par les années de chaos 
qui ont suivi la chute du régime du colonel Kadhafi. 
    L'appel lancé par Fayez Seradj, délicat car le nouveau 
gouvernement libyen teste là ses marques face aux factions 
libyennes, pourrait signifier le début d'un retour des Européens 
en Libye, cinq ans après l'insurrection qui avait permis aux 
insurgés de renverser Mouammar Kadhafi. 
    "Nous sommes prêts à soutenir le gouvernement (d'union 
libyen)", a déclaré Federica Mogherini, porte-parole de la 
diplomatie de l'Union européenne, qui présidait lundi une 
réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense 
des Vingt-Huit, à Luxembourg.  
    "Le travail peut maintenant commencer", a-t-elle dit lors 
d'une conférence de presse, en ajoutant que l'UE était prête à 
débloquer un soutien financier de 100 millions d'euros à la 
Libye. 
     
    MISSION "SOPHIA" 
    L'extension de la mission navale européenne aux eaux 
libyennes serait une composante du plan de soutien de l'UE pour 
la Libye, en gestation. Ce plan pourrait prévoir une 
coordination avec l'Otan pour mettre sur pied un corps de 
gardes-côtes libyens en mesure de freiner l'activité des 
passeurs. Mais, fait remarquer l'UE, les Vingt-Huit ne peuvent 
passer à l'action tant que le gouvernement d'union libyen ne les 
invite pas formellement à le faire. 
    "Ramener la sécurité est crucial non seulement pour les 
Libyens mais aussi pour la région et pour l'Europe", a estimé le 
chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, qui s'est 
rendu durant le week-end à Tripoli en compagnie de son homologue 
allemand, Frank-Walter Steinmeier. 
    "Nous devons tout faire pour lutter contre les passeurs et 
contre le trafic d'armes", a-t-il dit à la presse, en faisant 
allusion à l'embargo de l'Onu sur les armes en Libye, en vigueur 
depuis 2011, ce en quoi Paris voit une raison d'être plus 
présent dans les eaux libyennes. 
    A la question de savoir si la mission navale européenne 
devrait opérer dans les eaux libyennes, le chef de la diplomatie 
espagnole, José Manuel Garcia-Margallo, a répondu sans 
ambiguïté: "Oui, c'est très urgent". 
    Dans un communiqué, les ministres réunis à Luxembourg se 
sont dits prêts à proposer un soutien en matière de sécurité, 
pour former des policiers, des garde-frontières et des 
gardes-côtes si la Libye le demande. Ils se sont déclarés 
également disposés à étendre la mission navale de l'UE. 
    A l'heure actuelle, la mission "Sophia" de l'UE opère dans 
les eaux internationales près de la Libye et a sauvé 13.000 vies 
depuis son lancement à la mi-2015. 
 
 (Robin Emmott et Gabriela Baczynska; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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