Le nouveau Premier ministre grec met en place son équipe

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Le nouveau Premier ministre grec met en place son équipe
Le nouveau Premier ministre grec met en place son équipe

par George Georgiopoulos et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Le nouveau Premier ministre grec, Antonis Samaras, a mis en place jeudi une équipe gouvernementale restreinte avec pour objectif affiché d'obtenir un assouplissement des conditions de renflouement du pays, tout en le maintenant dans la zone euro.

Au poste-clé de ministre des Finances, le chef de file des conservateurs a nommé comme prévu le président de la Banque nationale de Grèce, Vassilis Rapanos.

Les conservateurs de Nouvelle Démocratie, arrivés en tête des élections législatives de dimanche devant la Coalition de la gauche radicale Syriza, ont obtenu le soutien des socialistes du Pasok et du parti de la Gauche démocratique, ce qui leur assure une majorité parlementaire.

Sur 18 portefeuilles, le nouveau cabinet compte treize ministres issus de ND, un du Pasok et quatre sont des technocrates.

Ensemble, les trois partis contrôlent 179 des 300 sièges de la Vouli, le Parlement monocaméral grec. A eux deux, ND et le Pasok disposent de 162 sièges.

Antonis Samaras hérite d'une Grèce qui traverse sa cinquième année consécutive de forte récession. Le taux de chômage a atteint un record à 22,6% au premier trimestre.

DEUX ANS SUPPLÉMENTAIRES

Les trois partenaires de coalition ont entériné un document de politique générale dans lequel ils disent vouloir "s'attaquer à la crise, ouvrir la route de la croissance et réviser les termes du plan de sauvetage sans mettre en péril le cap européen du pays, ni son appartenance à la zone euro".

Selon un responsable de la Gauche démocratique, le document précise que les trois partis sont convenus de demander aux créanciers d'Athènes - Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne - un délai supplémentaire de deux ans, 2016 au lieu de 2014, pour atteindre les objectifs budgétaires inscrits dans le plan de sauvetage.

Le programme d'ajustement prévoit pour l'heure que la Grèce ramène son déficit budgétaire à 2,1% du produit intérieur brut en 2014, contre 9,3% en 2011.

Le délai supplémentaire impliquerait, selon des responsables grecs, une rallonge extérieure de 16 à 20 milliards d'euros.

La Gauche démocratique a dit s'attendre à ce que les bailleurs de fonds fassent preuve de souplesse.

"La troïka voulait surtout que la Grèce ait un gouvernement viable et de cohésion qui soit largement accepté", a dit un porte-parole du parti, Andreas Papadopoulos, à NET radio. "Nous pensons que si la troïka constate qu'un tel gouvernement est en place, elle changera d'avis sur plusieurs questions-clés."

CONSENSUS

Depuis 2010, l'UE, le FMI et la BCE ont convenu de fournir à la Grèce deux aides de 110 et 130 milliards d'euros en échange d'un assainissement des finances publiques du pays et de réformes structurelles.

La charge de renégocier le plan de renflouement incombera principalement à Vassilis Rapanos, un économiste âgé de 64 ans qui fut emprisonné de 1969 à 1973 sous la dictature des colonels pour son appartenance présumée à un groupuscule radical d'extrême gauche.

Amnistié avec le rétablissement de la démocratie en 1974, il s'est engagé dans l'armée avant de partir faire des études au Canada. A son retour en Grèce, il est devenu professeur à l'université d'Athènes, où il continue à enseigner.

En tant qu'économiste en chef du Premier ministre socialiste Costas Simitis, Vassilis Rapanos a conseillé le gouvernement à l'époque de l'entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001.

Ancien président du premier opérateur télécoms du pays, il est devenu président de la Banque nationale de Grèce, première banque commerciale du pays, en 2009.

"C'est un homme de consensus, discret, mais qui a ses limites sur ce qu'il peut tolérer et peut taper du poing sur la table quand il faut", dit un banquier et ancien collaborateur.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé que des représentants de la troïka se rendraient à Athènes "dans les prochains jours" pour "discuter avec le nouveau gouvernement et commencer à évaluer ce qui a été fait et ce qu'il reste encore à faire."

Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse et Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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