Le nouveau patron de Total en appelle à l'Europe contre les USA

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par David Sheppard LONDRES, 30 octobre (Reuters) - Pour sa première apparition en public depuis sa nomination la semaine dernière, le nouveau directeur général de Total TOTF.PA a appelé jeudi l'Europe à faire bloc contre Washington pour obtenir la levée de l'interdiction américaine d'exporter du pétrole. Cette interdiction fausse les accords de libre-échange et lèse les raffineurs européens et asiatiques, a fait valoir Patrick Pouyanné lors de la conférence annuelle Oil & Money à Londres, où son prédécesseur Christophe de Margerie, disparu le 20 octobre dans un accident d'avion à Moscou, était un orateur apprécié. "Il nous faut nous battre et mettre le sujet sur la table", a-t-il dit. "J'espère que la Commission européenne soulèvera cette question (...) les raffineurs en Europe et en Asie souffrent d'une règle, qui est que les Etats-Unis ont interdiction d'exporter du pétrole." L'ex-directeur de la branche raffinage de Total passe pour être moins truculent et charismatique que Christophe de Margerie mais ses remarques sur les Etats-Unis, faites au cours d'une séance de questions-réponses de 45 minutes qui s'est terminée par une rare "standing ovation", ont montré qu'il n'avait pas peur lui non plus de mettre les pieds dans le plat. Christophe de Margerie avait ouvertement critiqué les sanctions occidentales contre des pays comme la Russie et l'Iran et prônait au contraire à la diplomatie par les affaires. Une minute de silence a été observée en sa mémoire mercredi soir au traditionnel dîner qui se tient en marge de la conférence londonienne. Les organisateurs ont placé un verre de Lagavulin, le whisky préféré du Français, devant le siège vide où celui qui était affectueusement surnommé "Big Moustache" avait pris place l'an dernier. Patrick Pouyanné a dit reprendre à son compte la position de Christophe de Margerie sur les sanctions contre la Russie et, de manière générale, a réaffirmé son intention de poursuivre la stratégie mise en oeuvre par son précédesseur. "Ma priorité est de continuer (...) comme s'il était encore en vie", a-t-il dit à des journalistes en français après sa prise de parole. L'interdiction des exportations américaines de brut date des chocs pétroliers des années 1970 et Washington ne semble pas près de la remettre en cause en dépit du boom du pétrole de schiste qui est bien parti pour faire des Etats-Unis le premier producteur mondial d'or noir pour la première fois depuis des dizaines d'années. "Nous n'avons pas actuellement de négociations en cours avec un pays ou un autre sur des exportations de pétrole brut", a déclaré Cathy Novelli, sous-secrétaire à la Croissance économique, à l'Energie et à l'Environnement, lors d'une conférence à Washington. Le prix plus bas du brut léger américain CLc1 par rapport au Brent de mer du Nord avantage les raffineries nord-américaines alors que celles d'Europe et d'Asie sont confrontées à des surcapacités et à une faiblesse de la demande. Et si les Etats-Unis interdisent les exportations de brut, ils autorisent celles de produits raffinés comme l'essence et le diesel, ce qui contribue à mettre la pression sur les concurrents étrangers. (Avec Dmitry Zhdannikov et Libby George à Londres et Krista Hughes à Washington, Véronique Tison pour le service français)


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  • M9390997 le vendredi 31 oct 2014 à 09:27

    Bravo Patrick POUYANNE