Le nouveau gouvernement libyen veut déroger à l'embargo sur les armes

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    par Lesley Wroughton et John Irish 
    VIENNE, 16 mai (Reuters) - Les puissances occidentales et 
régionales réunies lundi à Vienne pour discuter de la sécurité 
en Libye ont accepté d'étudier des demandes de dérogation du 
gouvernement d'unité nationale à l'embargo décrété par l'Onu sur 
les livraisons d'armes à la Libye. 
    Au moment où il tente d'établir son autorité sur un pays 
divisé entre factions armées et menacé par les djihadistes de 
l'organisation Etat islamique (EI), le gouvernement d'accord 
national (GNA) dirigé par Fayez Seraj "a formulé son intention 
de soumettre des demandes de dérogation au comité des sanctions 
de l'Onu", peut-on lire dans le communiqué commun diffusé à 
l'issue de la réunion. 
    L'objectif du GNA est de "se procurer les armes létales et 
le matériel nécessaires pour contrer les groupes classés 
terroristes par l'Onu et pour combattre Daech dans tout le 
pays". 
    Fayez Seraj a précisé devant la presse que son gouvernement 
fournirait "aussi vite que possible" une liste d'armes. 
    "Nous soutiendrons pleinement ces efforts tout en continuant 
de faire respecter l'embargo de l'Onu sur les armes", ajoutent 
les pays membres du groupe de soutien à la Libye. 
    Co-président avec son homologue italien de la réunion de 
Vienne, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a souligné que 
ces dérogations avaient du sens mais qu'elles devraient être 
"soigneusement sculptées". 
    "C'est un équilibre délicat, a poursuivi le chef de la 
diplomatie américaine, mais nous soutenons tous ici le fait que 
si un gouvernement légitime est en place et que ce gouvernement 
légitime combat le terrorisme, il ne doit pas être le prisonnier 
ou la victime d'une action de l'Onu." 
    "Nous sommes prêts à répondre aux requêtes du gouvernement 
libyen", a déclaré de son côté le ministre italien des Affaires 
étrangères, Paolo Gentiloni. 
     
    "QUESTION OUVERTE" 
    Le gouvernement d'accord national est arrivé sous haute 
protection à Tripoli le 30 mars. Il est censé supplanter les 
deux administrations rivales, l'une implantée à Tripoli dans 
l'Ouest, l'autre à Tobrouk dans l'Est, qui se disputent depuis 
plus d'un an la légitimité du pouvoir. 
    Les factions qui opèrent dans l'ouest de la Libye lui ont 
apporté leur soutien, mais le Parlement de Tobrouk n'a pas 
encore exprimé sa position. 
    Les deux camps rivaux sont à la tête de brigades armées qui 
se combattent pour le pouvoir et pour le contrôle des 
installations pétrolières. Ce chaos a profité à l'EI qui a pris 
pied dans le pays ainsi qu'aux réseaux de passeurs qui monnaient 
la traversée de la Méditerranée auprès des migrants et réfugiés. 
    A son arrivée à la conférence ministérielle de Vienne le 
chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a 
reconnu qu'il était encore impossible de dire si le GNA serait à 
même de mettre fin au chaos qui règne en Libye depuis la chute 
de Mouammar Kadhafi, en 2011. 
    "La question décisive est de savoir si la Libye, directement 
 sur la frontière sud de l'Europe, restera un lieu où le 
terrorisme, le trafic criminel d'êtres humains et l'instabilité 
continueront de se répandre ou si le GNA et nous serons en 
mesure de rétablir la stabilité et l'Etat de droit", a-t-il dit 
à la presse. 
    "C'est une question ouverte pour le moment", a-t-il ajouté. 
    Barack Obama a exclu d'envoyer des troupes terrestres de 
combat mais le Washington Post a affirmé la semaine dernière que 
des membres des forces spéciales américaines étaient déployés 
depuis la fin de l'année dernière dans deux avant-postes, l'un 
dans l'Est près de Benghazi, l'autre dans l'Ouest près de 
Misrata, pour rallier des forces en vue d'une éventuelle 
offensive de l'Etat islamique. 
    Les Etats-Unis ont par ailleurs mené des frappes aériennes 
contre des cibles de l'EI en Libye. 
    Des conseillers militaires français et britanniques opèrent 
également en Libye, selon des sources dans ces trois pays. Paris 
et Londres ont néanmoins exclu toute intervention militaire 
directe. 
 
 (avec Michael Shields; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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