Le nouveau gouvernement libyen en quête de soutien à Vienne

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    par Lesley Wroughton et John Irish 
    VIENNE, 16 mai (Reuters) - Le gouvernement d'unité nationale 
libyen soutenu par les Nations unies a rencontré lundi à Vienne 
les puissances occidentales et régionales pour rechercher leur 
soutien au moment où il tente d'établir son autorité sur un pays 
divisé entre factions armées et menacé par les djihadistes de 
l'organisation Etat islamique (EI). 
    A son arrivée à la conférence ministérielle, le chef de la 
diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a reconnu qu'il 
était encore impossible de dire si le gouvernement d'accord 
national (GNA), qui est arrivé sous haute protection à Tripoli 
le 30 mars, serait à même de mettre fin au chaos qui règne en 
Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011. 
    "La question décisive est de savoir si la Libye, directement 
 sur la frontière sud de l'Europe, restera un lieu où le 
terrorisme, le trafic criminel d'êtres humains et l'instabilité 
continueront de se répandre ou si le GNA et nous serons en 
mesure de rétablir la stabilité et l'Etat de droit", a-t-il dit 
à la presse. 
    "C'est une question ouverte pour le moment", a-t-il ajouté. 
    A l'ouverture des discussions, le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry s'est entretenu avec le Premier ministre 
libyen Fayez Seraj, dont le gouvernement est censé supplanter 
les deux administrations rivales, l'une implantée à Tripoli dans 
l'Ouest, l'autre à Tobrouk dans l'Est, qui se disputent depuis 
plus d'un an la légitimité du pouvoir. 
    Les factions qui opèrent dans l'ouest de la Libye lui ont 
apporté leur soutien, mais le Parlement de Tobrouk n'a pas 
encore exprimé sa position. 
    Les deux camps rivaux sont à la tête de brigades armées qui 
se combattent pour le pouvoir et pour le contrôle des 
installations pétrolières. Ce chaos a profité à l'EI qui a pris 
pied dans le pays ainsi qu'aux réseaux de passeurs qui monnaient 
la traversée de la Méditerranée auprès des migrants et réfugiés. 
     
    ASSISTANCE MILITAIRE 
    C'est à cette situation que doivent remédier Fayez Seraj et 
son gouvernement. 
    "Je pense qu'ils demanderont une assistance militaire", a 
déclaré un haut responsable américain avant l'ouverture des 
discussions co-présidées par les Etats-Unis et l'Italie. 
    "Nous voulons assister à un effort national coordonné contre 
Daech et nous voulons une sécurisation du territoire et des 
frontières maritimes (de la Libye", a-t-il ajouté. 
    Ce même représentant de l'administration américaine a dit 
également espérer que la réunion de Vienne "montrerait que la 
communauté internationale est alignée sans ambiguïté derrière le 
GNA en tant que bénéficiaire de toute assistance sécuritaire à 
la Libye". 
    "Nous attendons des Libyens qu'ils s'engagent sur les 
prochaines étapes à venir en matière de sécurité et que les pays 
participants s'engagent en retour à les aider." 
    Barack Obama a exclu d'envoyer des troupes terrestres de 
combat mais le Washington Post a affirmé la semaine dernière que 
des membres des forces spéciales américaines étaient déployés 
depuis la fin de l'année dernière dans deux avant-postes, l'un 
dans l'Est près de Benghazi, l'autre dans l'Ouest près de 
Misrata, pour rallier des forces en vue d'une éventuelle 
offensive de l'Etat islamique. 
    Les Etats-Unis ont par ailleurs mené des frappes aériennes 
contre des cibles de l'EI en Libye. 
    Des conseillers militaires français et britanniques opèrent 
également en Libye, selon des sources dans ces trois pays. Paris 
et Londres ont néanmoins exclu toute intervention militaire 
directe. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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