Le nouveau gouvernement belge investi dans ses fonctions

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par Philip Blenkinsop BRUXELLES, 11 octobre (Reuters) - Le nouveau gouvernement belge de centre droit, dirigé par le libéral Charles Michel, a prêté serment samedi devant le roi Philippe, avant de se rendre au parlement pour un premier conseil des ministres. Agé de 38 ans, Charles Michel est le plus jeune Premier ministre de Belgique depuis 1841. Son équipe comprend 13 ministres et quatre secrétaires d'Etat. La coalition de droite entre en fonctions quatre mois et demi après les élections législatives du 25 mai, fait notable dans un pays qui avait établi un record avec 18 mois de blocage à la suite des législatives de 2010. Ce gouvernement de coalition est composé de quatre partis: les séparatistes flamands de la N-VA (Nouvelle alliance flamande, de Bart de Wever), les chrétiens-démocrates flamands du CD&V de Kris Peeters, le Mouvement réformateur (MR, parti libéral wallon de Charles Michel) et les libéraux flamands d'Open Vld. Ces formations ont conclu un accord de gouvernement, détaillé dans un texte de 147 pages, dont un projet phare est le passage de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans dans le cadre d'un plan d'assainissement des finances publiques qui vise à l'équilibre budgétaire d'ici 2018. C'est le premier gouvernement à comprendre des ministres de la N-VA; le premier aussi sans socialistes depuis 1988; et le premier depuis 1958 à ne comprendre qu'un seul parti francophone. COALITION "ANTISOCIALE" ? Tous les gouvernements belges depuis la Seconde Guerre mondiale ont été des cabinets de coalition. Le plus généralement, ils sont composés d'au moins deux partis wallons et deux partis flamands. Le risque politique pris par la nouvelle coalition - du fait qu'elle ne comprend qu'un seul parti francophone - a conduit les médias à la qualifier de "kamikaze". Les quatre formations partenaires préfèrent parler d'une "coalition suédoise" car elle fait penser au drapeau suédois: le bleu des partis libéraux wallon et flamand, le jaune de la N-VA et une croix pour le CD&V. Les socialistes du Premier ministre sortant Elio Di Rupo jugent "antisociale" la nouvelle équipe gouvernementale, qui veut selon eux faire travailler plus - et gagner moins - les Belges, et dont les principaux ministères sont dominés par les séparatistes flamands. La coalition a été formée après assouplissement par la N-VA de ses revendications en faveur d'une plus grande autonomie de la Flandre, question épineuse qui a dominé la politique belge ces dernières années et a fait tarder la formation des deux précédents cabinets. La N-VA a cependant réussi à entrer dans le nouveau gouvernement en en excluant les socialistes wallons, qui faisaient partie du gouvernement fédéral depuis 26 ans. (Eric Faye pour le service français)

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